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Pour des villes solidaires, écologiques et démocratiques

Posté par Gilles Demailly ( Citoyen — 80000 Amiens ) le 22-02-2008 16:45

En réponse à Un Manifeste pour les villes

Pour des villes solidaires, écologiques et démocratiques

Gilles Demailly

En réponse à votre envoi du « manifeste pour les villes » publié par l’ordre des architectes, j’ai le plaisir de vous exprimer au nom de l’équipe « unis et solidaires », la gauche avec Gilles Demailly, candidate aux élections municipales en mars prochain à Amiens, tout l’intérêt que nous portons à votre démarche qui rejoint largement notre projet municipal accessible sur www.amiens2008.fr.
Notre réaction que vous pouvez publier reprend ci-après des extraits de notre projet resitués par rapport à votre manifeste.

Nous voulons une ville solidaire, écologique, démocratique, ouverte sur le monde. Nous avons le sentiment que les amiénois souhaitent trouver les moyens de vivre mieux pour eux-mêmes et de mieux vivre ensemble. Comme vous l’affirmez, il revient aux élus de « rebâtir des villes qui réconcilient », de maîtriser l’urbanisation pour qu’elle ne « condamne pas le citoyen à un isolement accru » et de retrouver des « lieux de mixité sociale ». C’est vrai que dans la ville « se construisent chaque jour notre identité et notre culture ». Nous sommes convaincus que la vitalité d’une cité et son développement sont liés à l’énergie et à la créativité des femmes et des hommes qui y résident et y travaillent et à leur désir d’être ensemble, de forger un destin collectif.
C’est pourquoi notre politique repose sur la solidarité, la révolution écologique et le renouveau démocratique.

« Une ville plus solidaire »

La ville d’Amiens s’est développée de façon éparpillée sans parvenir à générer d’unité urbaine. Certains quartiers sont devenus des lieux de relégation sociale. 7000 à 8000 demandes de logements sociaux restent insatisfaites. Les prix des loyers et des terrains s’envolent, contraignant de nombreux ménages à s’installer à l’extérieur de la ville. Le grand retard dans les transports en commun pénalise les habitants les plus dépendants de ce mode de déplacement.
Il faut renouer la solidarité entre les territoires de la ville, réintégrer dans la ville des catégories qui se sentent exclues de l’espace urbain et rejetées sur le plan culturel. La diversité des cultures qui coexistent à Amiens constitue une chance d’enrichissement mutuel et un vecteur d’ouverture au monde et de rayonnement international.
Nous voulons repenser l’espace urbain avec les priorités suivantes :
-renforcer la production de logements et faire face à la pénurie de logements sociaux. Cela suppose une politique foncière hardie et le refus de toute destruction de logements HLM qui ne serait pas compensée au préalable par une reconstruction.
-rééquilibrer les quartiers : il s ‘agit de désenclaver, de mailler, d’articuler, de rénover ou de construire des places conviviales, des lieux de rencontres et d’échanges.
-irriguer la ville par les transports en commun dans une logique de mobilité pour tous.

« Une ville plus respectueuse de l’environnement et des générations futures »

Nous voulons une révolution écologique qui doit contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique, se traduire par une meilleure qualité de vie des amiénois, réduire les dépenses inutiles des collectivités et les charges des ménages liées à l’habitation et aux déplacements, en particulier pour les plus pauvres.
Cette révolution concernera tous les aspects de la vie, du geste individuel aux choix cruciaux d’aménagement : arrêt de l’étalement urbain, promotion de modes de transport moins polluants et plus économes en énergie, tri plus efficace des déchets, maîtrise de l’énergie dans les bâtiments publics et les logements, maîtrise de l’eau de pluie, limitation des nuisances.
L’intermodalité entre les différents modes de transport complémentaires doit être facilitée pour limiter l’usage individuel de l’automobile et rendre la ville plus pratique pour les amiénois et plus attractive. Cette approche imposera également de revoir dans son ensemble la problématique du stationnement.
L’expérimentation et l’exploration de nouvelles techniques seront encouragées pour développer localement des filières économiques alliant formation, production et distribution.

« Une ville plus belle et plus conviviale »

Amiens a besoin d’un renouveau démocratique qui redonne la parole aux citoyens et invente avec les habitants les voies d’un dialogue public dans la proximité. Les choix d’aménagement urbain sont aujourd’hui le fait d’un seul, et l’expression des habitants est seulement tolérée sur des questions d’ordre mineur.
Il conviendra de créer des conseils de quartier, des foyers permanents de débat public, des instances de consultation, pour bâtir avec les amiénois une démocratie réfléchie fondée sur la participation citoyenne et l’écoute de la population, une démocratie ouverte au dialogue critique. L’intelligence collective doit se remettre en marche et la libération de la parole y contribuera fortement. Nous mettrons en valeur le « génie local » et encouragerons tout ce qui contribue à rassembler les savoir faire.
Nous voulons réconcilier les amiénois avec eux-mêmes, replacer la ville dans sa continuité et permettre à ses habitants de se projeter avec enthousiasme dans le futur.
Nul doute qu’ainsi les élus et les habitants sauront, avec les professionnels, construire ensemble une ville plus belle, adaptée aux modes de vie et aux pratiques quotidiennes et plus facile à vivre pour la population la moins aisée.

Puissent les architectes et autres professionnels contribuer à leur niveau à cet effort d’intelligence collective et de cohésion sociale dans la production de la ville de demain.