Alain Juppé : Bravo pour votre Manifeste
Posté par
CNOA
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paris
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le
19-02-2008 17:05
En réponse à Un Manifeste pour les villes
Réaction d'Alain Juppé, maire de Bordeaux :
"Bravo pour votre "Manifeste pour les villes",
Si je reprends vos propres termes : identité, culture, histoire collective, patrimoine, nation... ils dessinent l'histoire de la vieille Europe et de nos vieilles villes. Ils disent aussi sa fragilité. Les coeurs historiques représentent en France 4% du patrimoine bâti. Mais de quelle richesse sont-ils porteurs ! Alors protégeons-les sans les muséifier. Et pour cela ouvrons un débat sur ce qui doit être conservé, tout en sachant que nos convictions d'aujourd'hui ne seront sans doute pas celles de nos petits enfants.
"Le monde hésite entre sa beauté et son désastre" ? Choisissons la beauté (quel retour pour un mot qui n'avait plus guère droit de séjour) même si je préfère dire "choisissons la culture plutôt que la barbarie".
Et pour cela agissons : oui la ville doit rester synonyme de densité, permettant ainsi d'éviter les suréquipements automobiles, le gaspillage du foncier, la disparition des espaces naturels, les trajets chronophages et surtout - sans doute le pire - l'isolement des citoyens avec son corollaire le plus visible : la perte du sens de la solidarité et de l'intérêt public.
Oui, j'espère que les expériences d'éco-quartiers sont la réponse de demain : parce qu'il faut économiser nos ressources pour protéger la planète, parce que la vie en ville doit rester, ou redevenir, amicale parce que nous avons tous envie de voir nos enfants jouer dans la rue ou se déplacer sans risque. Et, à Bordeaux , le 1er éco-quartier, la Berge du lac, sortira de terre en 2010, et le second, Bastide-Niel, suivra de près.
Oui la ville doit également pouvoir loger dignement tous ses habitants? selon leurs besoins, et veiller à la diversité de l’offre : avec une attention particulière pour les jeunes actifs, qu'il faut savoir garder en ville alors qu'ils s'exilent trop souvent aujourd'hui en périphérie, pour des raisons économiques.
Oui la ville doit également réapprendre ce que signifie proximité. la proximité, c'est avoir une médiathèque ou un gymnase dans son immeuble, imaginer qu'un musée peut se situer au-dessus d'un centre commercial ou avoir son bureau au-dessus des voies ferrées. la proximité c'est aussi le retour des étudiants en centre-ville.
Est-ce un retour en arrière ? L'avenir est-il à la ville d'Amélie Poulain ? Non car cette ville nouvelle doit être aussi la ville de l'énergie et de l'innovation.
Oui les architectes et les urbanistes doivent travailler les deux échelles, la macro et la micro. Et donc, oui, l'architecture d'aujourd'hui doit intégrer tout ce que la recherche peut nous offrir en matière de protection de l'environnement et d'économie de ressources, tout en assurant confort, bien être et fonctionnalité.
A nous tous d'apprendre à calculer coût global, à nous tus de modifier nos comportements.
A Bordeaux depuis 12 ans, je fais confiance aux architectes mais aussi aux étudiants en architecture porteurs des idées de demain. Agora Bordeaux, biennale d'architecture, d'urbanisme et de design en est la preuve vivante.
Oui enfin "l'architecture ne peut sauver le monde mais elle eput donner le bon exemple". Votre manifeste le prouve. Bravo.
Alain Juppé"