Thèmes

Logement
Urbanisme
Culture architecturale

Archives

Le projet Architecture 2007
Contribution au Grenelle de l'environnement
La campagne publicitaire
La vidéo Architecture 2007
Que disent les politiques ?
Les études IFOP
Les tables rondes 2006

Qui Sommes-Nous ?

Qui sommes-nous ?
Réclamations
Suggestions

Calendrier

« March 2010 »
Sun Mon Tue Wed Thu Fri Sat
123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28293031
 
Urbanisme
You are here: Home Thèmes Urbanisme Un éco-quartier dans une commune de moins de 2000 habitants, c'est possible !
Document Actions

Un éco-quartier dans une commune de moins de 2000 habitants, c'est possible !

Posté par CNOA ( Webmaster — 75015 paris ) le 21-01-2010 12:02


Un éco-quartier dans une commune de moins de 2000 habitants, c'est possible !

Un éco-quartier dans une commune de moins de 2000 habitants, c'est possible !


Gérard Poujade, maire du Séquestre, petite commune de 1600 habitants dans la périphérie d'Albi, a publié en novembre 2009 le livre "Un éco-quartier dans une commune de moins de 2000 habitants, c'est possible !". Il y présente la transformation de sa commune via un projet d’éco-quartier, qui ménage les différents piliers du développement durable et place la démocratie participative au coeur de sa philosophie.
Rédigé à partir d'une réponse à un appel d'offre du ministère de l'écologie, l'ouvrage, très pratique et didactique, présente l'ensemble de la démarche qui préside au projet urbain.

Le contexte
Le contexte urbain du Séquestre est particulier : dans l’agglomération d’Albi, la commune de 542 hectares comptant 1600 habitants est adossée à la Rocade, à une zone d’activité commerciale, à un aérodrome et à un circuit automobile.

Souhaitant changer l’image de « cité-dortoir de l’agglomération d’Albi » du Séquestre et anticiper l’arrivée de nouveaux habitants, la municipalité a décidé en 2004 de créer une ZAC de 22 hectares (environ 650 logements et 8 000 m² dédiés au secteur économique) tout en limitant les impacts sur l’environnement. Cette nouvelle urbanisation, prévue sur une dizaine d’années, doit doubler à terme la population séquestroise (+1500 habitants). L’éco-quartier ne sera pas un nouveau quartier en marge de l’habitat existant mais bien une extension harmonieuse de l’urbanisation. Il entend limiter l’étalement urbain et créer une nouvelle centralité.

L’ouvrage passe le projet au crible des piliers du développement durable.

1. La gouvernance du projet

Les acteurs
« La conception d’un éco-quartier est avant tout une aventure humaine. C’est également une histoire qui s’écrit et qui s’amande au cours du temps », écrit G. Poujade. La maîtrise des différentes phases du projet et son inscription dans le moyen et le long terme apparait d’emblée comme un élément nécessaire à sa réussite.

La municipalité, qui est le mandataire, maitrise également le foncier, puisque tous les terrains de la ZAC sont propriétés de la SEM 81, maitre d’ouvrage du projet. Un droit de préemption urbain a été mis en place en 2003 et la SEM exerce une veille régulière.

Le PLU a été révisé en amont. La ZAC a reçu un règlement HQE. L’opération s’inscrit également dans un Agenda 21 communal, lui-même articulé avec les Agendas 21 départemental et régional. Gérard Poujade préside le SCOT de l’agglomération albigeoise.

Le bureau Dessein de ville (Louis Canizares urbaniste), maitre d’œuvre du projet, est aussi le partenaire de la commune dans l’élaboration de son PLU. Il est secondé d’autres bureaux techniques pour les compétences VRD et paysagères.
La mairie a mis en place un comité de pilotage composé des acteurs déjà cités ainsi que de différents organismes (Ademe, CAUE, OPDHLM, ARPE, etc.).

La démocratie participative
La municipalité a créé un Comité Consultatif « Urbanisme » réunissant des habitants et des représentants socio-professionnels. Ce comité a notamment convaincu les élus de ne pas créer un nouveau quartier « à côté » de l’existant, mais 1) de travailler à l’unité entre l’existant et le nouveau et 2) d’embellir parallèlement le village existant. Depuis 2008, ce Comité Consultatif « Urbanisme » a été remplacé par un Conseil économique, social et environnemental communal (CESEC) qui n’est composé que d’habitants ou de socio-professionnels : les élus ne peuvent en être membres. Il fournit chaque année un rapport, peut être saisi par le conseil municipal ou s’auto-saisir sur les thèmes qu’il souhaite.

En outre une enquête a été menée auprès de l’ensemble de la population sur les « cibles prioritaires ».

La mairie a lancé un appel d’offres auprès de 17 promoteurs et architectes qui s’est révélé décevant, car les propositions étaient soit trop chères, soit de faible qualité environnementale. L’architecte Max Faramond a proposé une idée innovante : créer une coopérative constituée de l’ensemble des futurs acquéreurs pour mutualiser les moyens, limiter les intermédiaires et faire baisser les coûts. Le premier « macro-lot » a été attribué sur ce mode coopératif. L’association d’habitants de l’éco-quartier est ainsi née. Ses statuts figurent en annexe de l’ouvrage.
Aidée par l’architecte, l’association de l’éco-quartier du Séquestre réalise les plans des logements et des espaces publics, dépose une demande de permis de construire groupée, consulte les artisans et fait baisser les prix. Elle sera ensuite chargée de faire profiter de son expérience pour les prochains lots et d’animer la vie du quartier.

2. Les piliers social et sociétal

L’éco-quartier mélange habitat individuel, intermédiaire (individuel groupé) et collectif ; il mêle aussi locatif, accession à la propriété et propriété. Il compte 28% de logements sociaux.
Il recherche globalement la densité tout en variant les densités selon les lots, en fonction de leur distance par rapport au centre. Mais les parcelles sont toujours dimensionnées en tenant compte de la capacité à produire des logements à bas prix.

L’acceptabilité du projet passe par la préservation l’unité de la commune : ne pas séparer le nouveau quartier de l’existant ; ne pas concevoir l’éco-quartier comme un « laboratoire ». Il est considéré comme une deuxième phase de construction de la ville après un premier développement récent dans les années 80.

La mobilité
Le projet favorise les déplacements en commun et les liaisons piétonnes et cyclables par rapport à la voiture, sans interdire complètement celle-ci, ce qui ne serait pas accepté par les habitants. Il réduit notamment le nombre de voies primaires. Il cherche à diminuer l’impact visuel des parkings et le nombre de place. Il prévoit des parkings relais multimodaux et crée des parkings individuels groupés.

3. L’économie

Le projet cherche à optimiser l’espace public et à renforcer ses centralités pour permettre le développement de commerces et d’activités professionnelles et la mixité fonctionnelle. Ainsi le projet a évolué en regroupant deux places prévues à faible distance l’une de l’autre en une seule afin de renforcer son attractivité.

Le projet limite les déplacements domicile-travail ainsi que les coûts de réseaux et de voiries, notamment en utilisant autant que possible les réseaux existants.

L’auteur affiche le souci constant de permettre l’évolutivité du projet et d’anticiper les besoins en équipements futurs d’un territoire en mouvement (possibilité de déménagement à terme de l’aérodrome, etc.). La mairie a prévu le pré-cablage des infrastructures et se projette dans une perspective de ville 2.0.

Enfin le projet doit être transférable à une prochaine équipe municipale. Il dispose d’un bilan équilibré, avec une faible participation financière de la collectivité qui ne s’endette pas et sans financement extérieur important.

4. L’environnement

Le volet environnemental porte classiquement sur la gestion et le tri des déchets, la promotion des mobilités douces, les économies d’éclairage public. La sobriété énergétique des bâtiments est visée avec l’exigence de construire a minima selon les règles de la RT 2010 : 50 Kw/m²/an et de si possible de viser le label BBC.

Un recensement de toutes les espèces végétales a été mené dans un but de préservation de la biodiversité.
En parallèle la mairie a lancé un recensement du patrimoine architectural remarquable qui fera l’objet d’un classement dans le futur PLU.

Enfin la gestion de l’eau a fait l’objet d’une attention particulière. Un objectif de rétention de 100 litres d’eau de pluie par m² a été instauré. Des dispositifs pour la récupération ont été mis en place (aide financière à la récupération dans les logements, noue, bassin de rétention, etc.) et pour les économies dans les espaces verts et les bâtiments publics. En outre un système de tarification progressive a été mis en place pour les habitants. Ce dispositif conçu dans une optique d’équité sociale et financière se présente comme un système de bonus-malus pour les consommateurs. Une annexe en fin d’ouvrage y est consacrée.


INFOS
"Un éco-quartier dans une commune de moins de 2000 habitants, c'est possible !"
Auteur : Gérard Poujade
Editeur : Un Autre Reg'Art
112 pages
18,50 €


LIEN
Voir sur la WebTV de l'Ordre la vidéo du débat sur le thème de "L’aménagement durable dans les petites villes", dans lequel intervenait Gérard Poujade.


Aucune réaction à ce sujet