PPP-suite à la réponse de D.Dessus
En réponse à Partenariats public-privé : la position des architectes
Le 22/02/08
A Denis Dessus
Cher confrère,
Dans ta réponse à notre ami JP Gautron, tu assènes un argument massue en prétendant que nous « n’avons aucun espoir d’aboutir » (à l’abrogation des PPP) « puisqu’il s’agit d’une volonté gouvernementale forte ».
Si je ne doute pas de ta volonté, légitime, d’aboutir a l’abrogation des PPP, en revanche je m’étonne que tu nous invites à abandonner nos convictions.
Les chauffeurs de taxis, dont on connaît la situation de plus en plus précaire, enchaînés aux banques par les crédits qu’ils ont contractés, ont-ils eu tort de se rassembler, de réaliser l‘unité de leurs organisations, de manifester? Pour enfin obtenir l’abandon des projets de déréglementation contenus dans le rapport « Attali » (et dont le gouvernement avait fait une de ses « volontés »)?
Malgré les menaces que constituent les PPP envers la démocratie, les dépenses publiques, l’avenir des générations qui auront à payer…, (ce que beaucoup ont dit et écrit) il faudrait renoncer et exiger un aménagement (la désignation préalable de la maîtrise d’œuvre) auquel nul ne peut croire.
Quel crédit donner à votre « revendication » alors que nous sommes tous confrontés, quotidiennement, (y compris dans le cadre de la Loi MOP) à la pression des maîtres d’ouvrage et des entreprises qui pour accroître leurs bénéfices, réduisent le projet à peau de chagrin? Qui peut croire, que quelque soit la formule, la pression ne sera pas décuplée dans la procédure des PPP? Que restera-t-il des architectes et de l’architecture, de la défense de l’intérêt public ? Rien.
Alors peut-on aménager ce qui n’est pas aménageable? Le prétendre est accepter purement et simplement, se tromper et nous tromper.
Cette loi, néfaste à 100%, ne rappelle t-elle pas la procédure des METP de triste mémoire?
Et qu’est-il advenu des METP sinon la nécessité de les abandonner devant les révélations des scandales qui ont émaillé les années 80-90?
Peut-il en être autrement? Renoncer aux PPP devrait intervenir le plus tôt possible pour éviter les dégâts.
Il faut expliquer et avoir une position claire qui nous n’en doutons pas trouvera l’assentiment de la population, et évidemment des architectes : Non aux PPP.
Y aurait-il d’autres voies? Nous ne le pensons pas.
Georges Peressetchensky
Architecte DPLG
DéfenseProfessionArchitecte