Les permis de construire verts de Ségolène royal
En dehors de toute préférence partisane, les architectes peuvent se réjouir de ces prises de positions qui font écho à la "charte d’engagement des architectes en faveur du développement durable" que l'Ordre a publiée en 2005 et dont les principes seront repris à notre initiative dans le code des devoirs professionnels des architectes, publié par décret en Conseil d’Etat.
Pensez-vous toutefois que le permis de construire soit le bon niveau d’intervention ? Notre projet Architecture 2007 propose, lui, de « poursuivre l’allégement des formalités de permis de construire », afin notamment de rendre le dispositif administratif trop uniforme. Le projet propose cet allégement « confiant au seul architecte, la responsabilité du recueil des différents avis et autorisations nécessaires ».
C’est un vrai débat !
L'evolution du permis de construire
l'idée que le permis de construire puisse être "conduit" entièrement par l'architecte me semble fort intéressante.
En Espagne les permis sont validés par l'Ordre, en Angleterre les architectes portent la responsabilité de la conformité aux règlements, en Italie plusieurs démarches sont confiées au seul visa de l'architecte, l'administration acceptant par "approbation tacite" les dossiers ainsi présentés.
La dignité de la profession est accrue dans ces pays.
Deux aspects caractérisant le contexte français, jouent à mon avis un rôle de frein à une possible évolution:
- La France "souffre" d'un rapport très particulier avec l'administration et l'état. C'est historique, tout le monde connait la question. L'état se porte suprême et ultime garant du droit commun.
- Le diplômes français ne sont pas "vérifiés" par une habilitation professionnelle faite par un examen d'état (Italie), comme dans d'autres pays, ou par des vraies stages d'habilitation (Allemagne). Cela affaiblie à mon avis le rôle institutionnel de l'architecte.
Energie renouvelable encore trop chère
en plein dans le sujet actuellement, je trouve que l'obligation d'utiliser les énergies renouvelable afin que notre permis soit accepté n'est pas la meilleur solution car tout le monde n'a pas le budget pour cela. En effet le recours aux énergies renouvelable est consequent au niveau budgetaire, cela coute plus du double à l'installation qu'une autre énergie. Certains diront qu'une fois installé cela coute zéro centimes, excepté l'alimentation, mais tout le monde ne peut pas investire une telle somme et n'y gagner que sur le long terme... Le recours aux énergie renouvelable n'est toujours pas accessible aux foyers les plus modestes se lançant dans la construction de leur propre chez eux, mais seulement à certaines catégories.
C'est pour cela que je pense qu'il sera plus judicieux que le coût de telles installations diminuent même si l'Etat doit mettre la main, encore une fois, au porte monnaie que d'obliger les citoyens à avoir recours à ce type d'installation afin d'avoir le droit de construire.
Permis verts de Ségolène Royal
L'obligation du recours aux énergies renouvelables pose le problème des constructions situées dans un contexte où ces énergies renouvelables ne peuvent pas être mises en oeuvre pour des raisons d'ordre technique, esthétiques ou financières. D'autre part le contrôle au niveau du permis de construire demande à ce que ceux qui délivrent les permis soient formés à ces techniques pour en apprécier l'opportunité et la valeur "écologique" des solutions proposées. Si l'idée d'inciter par tous les moyens maîtres d'ouvrage et maître d'oeuvre à intégrer systématiquement des installations utilisant des énergies renouvelables est une bonne chose, son application paraît encore difficile à définir et d'autant plus à mettre en oeuvre.
Espagne et Pemis de Construire
Bonjour,
Je
voudrais réagir au courrier de Enrico d'Agostino par rapport
au permis de construire en Espagne.
C'est vrai que l'Ordre "vise"
les projets avant que ceux-ci puissent être remis aux Mairies.
Cela devrait être un signe de la reconnaissance du projet, ou
du moins sa conformité avec les normes, la déontologie,
etc. Dans la réalité, ce n'est qu'une formalité
d'archivage. L'Ordre vise les projets sans réellement les
regarder. La seule chose qui est importante est le montant estimé
des travaux (ou PEM) car il est la base du calcul du prix du visa (et
oui, c'est payant).
De plus, comme ils n'ont plus de place pour
archiver les copies, ils remettent à l'architecte la copie
d'archive...
Les permis de construire s'instruisent réellement
est complètement dans les Mairies. Chaque Mairie a son
architecte municipal qui doit donner son accord et lui donne tout
pouvoir. Même si ton projet est conforme, il peut le
refuser...
Bien sûr l'Ordre a d'autres fonctions, mais c'est
un autre débat...
Un autre commentaire : Il faudra
qu'elle se lève tôt Ségolène pour être
la première a penser à l'écologie en
construction, car l'Espagne, et plus encore la Catalogne ont une
longueur d'avance. Même si ce n'est que tu texte pour faute de
moyens de contrôles...
Mais l'important c'est qu'elle y pense.
Permis de construire vert
Votre article concernant la proposition de Mme ROYAL peut susciter des réactions pour nous autres maîtres d'oeuvre qui s'échinons à préparer des dossiers de P.C. de plus en plus rigoureux mais malheureusement pesants . La simplification de démarches administratives est une nécessité en notre beau pays!
Il existe parallèlement tant de possibilités d'admettre dans le projet des particularismes environnementaux , de la HQE (r) etc.
Le permis de construire vert serait un générique qui sonnerait bien et ferait appel à l'imagination du néophyte , mais sûrement pas aux professionnels , maîtres d'ouvrage et d'oeuvre et administration comprise.
Espérons ouvrir d'autres voies qui laissent à l'architecte une vraie latitude d'appréciation , épaulé s'il le faut par des BET spécialisés en environnement et sortir de l' "hydronormisme" (excusez du mot) qui nous empêche de progresser sérieusement .
Patrick Lacroix , agence du développement durable
Permis vert ou permis à point
Le permis vert de Ségolène relance plus que jamais le débat entamé sur la réforme nécessaire et indispensable du permis de construire qui n'a cessé de se complexifier au fil du temps pour de venir aujourd'hui un véritable "examen de construire".
Les contraintes et déboires que nous subissons tous un jour ou l'autre dans cet exercice sans parler du droit de recours qui vient litéralement sanctionner, voire censurer dans certain cas, et au sens propre du terme, notre travail relève purement de l'entrave déguisée à exercer notre métier.
Je voudrais bien savoir, aujourd'hui, qu'elle profession accepterai sans sourcillier les aléas et infortunes d'un tel "permis d'exercer" au quotidien. Je pense que notre propention à nous exposer à tous les vents en réclamant toujours plus de responsabilité pour tenter de justifier notre différence ou notre savoir sur les non diplomé ou les non qualifiés, ou pour prétexter de mieux servir l'intéret général, est grandement responsable de ces dérives et cela nous a même engagé au fil du temps et légalement dans la "présomption de responsablité" sur tout sinistre ou défaut de conseil, tandis que d'autres se drappent dans la "présomption d'innocence"...
Si je pense que la réforme du permis de construire n'est plus seulement indispensable mais vitalement impérative, c'est parce qu'il y a dans cet acte certainement de quoi révolutionner litéralement la relation que l'on peut avoir entre administration, professionnel et grand public par le simple fait qu'il est le seul réel moment "de contact et d'échange" entre tous ces acteurs.
C'est le moment ou le projet passe de la sphère confidentielle privée (même s'il s'agit d'un projet public) au monde officiel et public, le moment ou le projet est enfin "révélé" aux yeux de tous et malheureusement sous un aspect bassement réglementaire pour les uns (administration) ou fortement perturbateur pour l'univers des autres (le public) qui à souvent l'impression d'être devant le fait accomplit avec parfois ce sentiment pervers de ne pas ou plus maitriser son environnement.
S'il y a bien à une mutation fondamentale administrato-professionnelle à faire c'est ici qu'elle doit s'opérer. tous les acteurs possibles concernés sont là et si l'on prend le temps de réfléchir et d'imaginer cet acte en apparence rébarbatif et simpliste en espace d'interaction, de révélation mais également de prise d'autorité plus affirmé, nous pourrons aller bien au dela du "postiche" permis vert de Ségolène pour aller vers un véritable permis à points... positifs ou négatifs (tel les Négawatts) beaucoup plus ambitieux que quelques panneaux solaires posés sur le toit.
Je vous propose une piste de réflexion pour lancer le débat.
Associer par un système de saisie informatique du dossier permis le "bilan énergétique" d'un projet, et son niveau d'impact, avec la gestion d'un zonage en "creux" du PLU qui définirait à priori un niveau d'acceptation X de pollution ou besoin énergétique.
Une zone de PLU n'étant plus simplement une zone réglementaire mais une zone "à niveau d'impact" accepté ou négocié selon des caractéristiques géographique, géologique, de déserte en transport, de réseaux, ou tout autres critères reconnus.
Le COS ou les gabarits d'immeubles n'étant plus critères prépondérants mais fonction du "bilan" présenté par le projet en points positifs ou négatifs. Moins le projet présente de "points" d'impact sur son environnement et plus il bénéficie de SHON possible ou de réduction d'impot (ou autre).
La qualité Architecturale, l'innovation ou l'audace (ou autre qualificatif) étant des critères comptabilisés en "points positifs" dans le décompte général.
Le nombre de points obtenu au permis de construire pouvant évoluer au fil du temps en cas d'amélioration du bâtit ou au contraire être réduit (jusqu'au retrait?) en cas de dégradation par non entretien ou détérioration intentionnelle.
En fait rendre le permis de construire intéractif...
JMB
Points lies par 153 ans de clôtures
Quant à l'architecte, clé de voûte en effet d'une possible solution, non seulement celui-ci est toujours l'architecte du prince que stigmatisait Ragon (ces 20 dernières années de projets publics plus pharaoniques et starisés les uns que les autres n'ont rien changé), mais il est encore incapable de défendre la vraie place qu'il devrait prendre, celle du médecin de l'aménagement du territoire ou du chef d'orchestre d'une possible harmonie locale d'écologie, parce que la spéculation foncière, maladie naturelle issue de ce vice de départ qu'est la division parcellaire et le clôturage l'éloignent jour après jour du simple humain et l'attachent toujours mieux au pouvoir distributeur de ces droits de division et à la vantardise d'une génération d'accapareurs (petits ou grands) qui n'a aucun problème de fertilité pour se reproduire.
Je ne peux que soutenir cette alternative interessante "d'un permis à points + un zonage en creux". Je la crois cependant encore insuffisante pour prévenir des intérêts privés de nos maîtres d'ouvrage les plus profiteurs et même susceptible d'ouvrir une nouvelle forme de corruption pour obtenir ces bons points.. L'homme est l'homme.
A moins de changer radicalement de direction...sans pour autant changer de place, mais plutôt en s'y asseyant avec une responsabilité nouvelle.
Je suis sur un projet dans ce sens, avec association à l'appui, pour porter une nouvelle façon déspéculative de s'approprier la terre qui n'est cependant pas de la communalisation, mais bien le chaînon manquant que personne ne semble avoir encore bien vu.... et pour cause, il ne remet pas le bien d'autrui en cause, sauf si celui-ci ne peut trouver de plaisir qu'éloigné des autres... Ce n'est donc pas un projet consensuel à 100% et pourtant tellement plus au final que toutes les sirènes SRU! Il suffit juste de se projeter dans 50 ans pour savoir le monde que nous pouvons encore effectivement croire possible pour nos enfants... Soit c'est le monde type Schuyten, beau en BD, pas mal en maquette, mais infernal et totalitaire dans ses strates labyrinthiques et si peu "architectural", soit c'est celui des architectes à visage humain, accompagnés de tous leurs partenaires d'harmonie qui prennent enfin CE droit qu'aucun pouvoir ne nous a jamais donné: celui de servir vraiment tout homme, notre voisin.
Bien en deça comme au delà de 170m²...
Amis confrères, si l'action vous tente...
la vie des autres
Qui a vu ce film a vu ce passage ou le surveillant de la stasi accroupi sur le sol du grenier dessine le plan de l'appartement dont il surveille le comportement les occupants. Zoum arrière et nous voilà en place de Dieu qui surveille l'architecte qui façonne la vie des gens. Ce n'était pas l'objet du plan mais l'image glaciale que m'a inspiré cette scène.
Jusqu'ou les architecte DPLG peuvent ils être au service d'un pouvoir, par le biais d'une règlementation qui fini par normaliser les comportements. Big brother décide... La nouvelle règlementation 2005 ne tiend compte, en aucun point, du comportement et usage des occupants. Ainsi si vous préferez mettre un pull, ou vous rapprocher du fourneau, ou faire cuire une tarte avec le four qui rechauffera la maison ... ne changera rien au contrainte qui vous autoriserons à construire. Il faut réintroduire la notion de choix de vie dans un environnement, le nomadisme dans un espace, et casser l'image du tout pareil toute l'année. Exemple: On ne fait pas la même chose en été et en hivers, l'espace de vie est lié aux saisons, une verrière espace tampon utilisée en intersaison n'est pas favorable dans le calcul de la reglementation. Il faut se liberer pour prendre conscience plutôt que de s'enfermer dans des normalisations.
Voir également isolation/isolement et sociabilité.
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