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Réhabiliter : un enjeu pour demain

Posté par CNOA ( Webmaster — 75015 paris ) le 20-11-2007 16:30


L’image des architectes est encore aujourd’hui excessivement liée à la construction neuve. Or la réhabilitation des bâtiments existants représente pour eux un enjeu à la fois économique, social, culturel et environnemental, qu’il y a une urgence à le prendre au sérieux.

La réhabilitation est aujourd’hui en plein « boom ». Selon l’Agence nationale pour l’habitat, les dépenses de travaux de réhabilitation ont augmenté de 40% en 9 ans, de 1996 à 2005. Le marché est tiré par des facteurs conjoncturels (comme le fut la tempête de 2000), fiscaux (la TVA à 5,5%), réglementaires (la loi sur l’accessibilité) mais aussi des facteurs sociaux-économiques de plus long terme comme la modification des modes de vies liés au vieillissement, à la multiplication des foyers monoparentaux, ou à la volonté des bailleurs sociaux et des propriétaires privés de faire baisser la facture énergétique des bâtiments.

Les architectes sont présents dans les chantiers de réhabilitation qui représentent en 2006 environ 30% de leur activité (soit un pourcentage sensiblement en baisse qui s’explique par l’excellente santé du secteur de la construction - les 70% restants). Les architectes sont donc bien placés pour appréhender la nouvelle demande qui se fait jour et surtout les enjeux qu’elle recouvre.

Si l’on parle de réhabilitation, il faut aussi évoquer la question des quartiers sensibles où la dégradation des équipements et de l’habitat avive la relégation des résidents. C’est pour cette raison que le projet Architecture 2007 place les réhabilitations au cœur de sa réflexion sur l’urbanisme et les quartiers sensibles. La demande de réhabilitation et leur utilité sociale semble en effet sous-estimée. La concentration des moyens de la politique urbaine par l’ANRU au profit des opérations de démolition-reconstruction a ainsi été souvent critiquée par les experts et les professionnels. Les architectes souhaitent que l’équilibre entre « hard » et « soft » soit conservé, et que la transformation des locaux, leur réhabilitation, moins spectaculaire pour l’opinion, mais plus appréciée par les habitants des quartiers concernés soient systématiquement privilégiés.

La dimension culturelle du bâti dans ces quartiers est incontournable et les architectes, en praticiens, constatent à quel point compte pour les habitants la reconnaissance d’un patrimoine dans leur quartier et l’urgence qu’il y a à valoriser – et souvent à réhabiliter – les constructions de qualité que l’on peut y trouver.

Si l’on prend au sérieux cette demande de réhabilitation, dans ses multiples facettes, l’intervention des architectes est tout autant nécessaire que pour les constructions neuves.

La thématique de la réhabilitation prend enfin une dernière dimension particulièrement cruciale liée à l’impératif environnemental de réduction des émissions de CO2, puisque le secteur du bâtiment contribue pour 20% au total de celles-ci. Une part que la loi sur les orientations énergétiques de 2005 a décidé de diviser par 4 à l’horizon 2050. Or, l’on sait bien que cet effort écologique doit porter principalement sur la réduction des pollutions liées au parc existant, avant même l’intégration de sources d’énergies renouvelables dans les constructions neuves, et qu’en conséquence la réhabilitation est une priorité. Nos voisins allemands se sont ainsi engagés à une rénovation énergétique de 5% des constructions existantes par an.

Pour atteindre ces objectifs, une adaptation réglementaire est nécessaire, comme celle engagée par l’obligation de fournir des diagnostics de performance énergétique à la vente et, à partir du 1er juillet 2007, à la location. Toutefois la question ne peut pas, loin s’en faut, être traitée uniquement par de la réglementation. Il faut notamment se garder de ses effets pervers que comportent une vision purement administrative - au détriment de la responsabilisation des maîtres d’œuvres et des habitants - et la fragmentation des objectifs quantitatifs de réhabilitation - au détriment d’une vision globale et qualitative du cadre de vie. Dans le domaine de la réhabilitation, la performance énergétique doit donc passer aussi par le conseil et l’information des usagers, ainsi que par l’innovation et l’expérimentation techniques.

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