L'ETAT NE DOIT PAS ETRE PORTEUR DE LABEL
En réponse à Rapport Jourda pour un label «développement durable de la construction»
Institutionnaliser, administrer, réglementer et coder sont des réflexes étatiques que nos meilleurs dirigeants savent parfois maintenant éviter. Il est dommage qu’un acteur de terrain reconnu cède à cette tentation.
Un label d’état, c’est visser dans une administration de plus une vérité qui va de haut en bas, de ceux qui savent vers ceux qui doivent suivre et obéir. Il ne pourra s’agir que d’un monolithe loin du terrain. Il secrètera son code, son langage, dictera ses référentiels, sous prétexte d’unification on y retrouvera une appropriation du savoir. En termes de libération d’énergie, d’initiative et d’intelligence collective, la société n’y retrouvera pas on compte.
Le lien automatique avec la subvention (cf. rapport) obligera le passage par le label d’état: quel maître d’ouvrage briguera un autre label ? A quoi auront servi les initiatives existantes ? Elles ont été fabriquées dans la conviction et sont certes perfectibles – aucun référentiel n’est jamais le définitif.
Soyons libéraux, pour une fois.
L’Etat a tout intérêt, en gérant et diffusant par exemple une information de comparaison des labels à l’usage de tous, à dénoncer les manques des labels actuels, à en évaluer l’effet, à guider leur évolution. Les Labels combleront alors naturellement leurs retards, complèteront leur approche. Ils ont une énergie incroyable et réunissent déjà depuis longtemps les experts qui sont recommandés par le rapport. Notons que la puissance publique est d’ailleurs engagée dans la plupart d’entre eux.
J’aime à penser qu’un darwinisme naturel régulera ces labels nés de génération spontanée, que l’émulation entre eux soit source de créativité et de bas coûts pour les certifiés.
Non au ministère de l’information. Plutôt une émulation des initiatives de la France, qui a tant d’énergie en elle et tant de choses à exprimer… libérons là…
Je conclue sur ce commentaire qui ne devra pas échapper au Ministre M. BORLOO, surtout si l’on chiffre la proposition généreuse et centralisatrice de Françoise-Hélène JOURDA : l’état doit être le barreur, pas le rameur