Rapport Jourda pour un label «développement durable de la construction»
Voici le texte de la note décrivant la proposition :
de la construction »
Le Grenelle de l’Environnement va, dans les jours à venir aboutir à un ensemble de propositions dont certaines concernent largement le domaine de la construction.
Ces mesures intéresseront tout particulièrement le sujet de la consommation énergétique des bâtiments.
Certes, il s’agit là d’une urgence, mais je tiens à signaler que les autres ressources de la planète doivent aujourd’hui être préservées et que le sujet de l’énergie grise incorporée dans les matériaux de construction, dont l’élaboration a aussi des conséquences graves sur la production de gaz à effet de serre, n’est pas traité.
N’aggravons pas notre retard sur ces questions. Saisissons l’opportunité de la prise de conscience engagée par le Grenelle pour mettre en place les autres mesures indispensables pour faire face aux enjeux de la préservation de la planète.
D’autres pays, comme l’Allemagne qui vient d’annoncer la mise en place d’un label pour la construction « durable », risquent de nous devancer, encore une fois.
C’est la raison pour laquelle je vous propose de mettre en place et de conduire les travaux d’un groupe de travail pour la constitution d’un label, qui devra dans les délais les plus courts en tracer les dispositifs principaux avant de le décrire en détail afin qu’il soit opérationnel dès 2009.
La mise en place d’un label « DDC » (Développement Durable de la Construction), sous forme d’une grille d’évaluation à cotation des bâtiments, est urgente.
En France, les certifications « HQE » et « H et E » sont peu ambitieuses. Elles ne garantissent pas la réduction de la consommation des ressources dans les bâtiments labellisés, car elles n’exigent pas de prendre en compte tous les critères d’évaluation de l’empreinte écologique et sanitaire d’un bâtiment. Ces labels existent dans les autres pays européens et aux USA.
Dans de nombreuses régions françaises, de nouveaux systèmes d’évaluation plus complets sont en cours d’élaboration. En l’absence de procédure française, ils se réfèrent ou recourent aux labels étrangers (SB Tool, Ökopass par exemple).
Le nouveau label DDC ne sera pas en concurrence avec les labels existants. C’est un outil qui permettra de les rassembler grâce à une même grille d’évaluation des projets, dont les items considéreront toutes les ressources (énergie, matériaux, air, eau, et sol). Il permettra ainsi de décrire et de mesurer l’empreinte écologique et sanitaire globale des bâtiments projetés, et pas seulement leur efficacité énergétique.
Le groupe de travail bénéficiera des outils et du retour sur expérience des organismes français qui ont conçu les labels existants, mais aussi des institutions étrangères qui ont mis au point des grilles d’évaluation adaptées à leur propre contexte géographique, climatique et économique.
Il pourrait être constitué des personnes suivantes :
- les experts ayant participé à la proposition du label DDC,
- des représentants des organismes français de labellisation actuelle,
- des personnalités invitées issues des institutions étrangères,
- des économistes.
Au total une trentaine de personnes se répartiront en sous-groupes par grand item. Considérant l’état des réglementations existantes et des procédures de labellisation actuelles concernées, ils élaboreront par item les critères à prendre en compte, les pondéreront et proposeront leur cotation suivant les différents niveaux de performance du label DDC (Basic, Silver, Gold …)"
Le rapport intégral est à consulter en cliquant ici.
Présentée au ministre en octobre, cette proposition pourrait prolonger la dynamique du Grenelle pour le bâtiment et faire l'objet d'un consensus chez les architectes. Qu'en pensez-vous ?
label ...
Il serait important que notre consœur fasse en sorte de ne construire qu'une seule fois ses bâtiments ... ce qui serait certainement plus durable pour la planète. Alors les labels, certifications et autres qualificatifs ne semblent pas nous mettre à l'abri de tout.
Faisons donc humblement ce que nous savons faire et cela sera bien fait !
Qu'apporterait un label supplémentaire ??
L'ETAT NE DOIT PAS ETRE PORTEUR DE LABEL
Institutionnaliser, administrer, réglementer et coder sont des réflexes étatiques que nos meilleurs dirigeants savent parfois maintenant éviter. Il est dommage qu’un acteur de terrain reconnu cède à cette tentation.
Un label d’état, c’est visser dans une administration de plus une vérité qui va de haut en bas, de ceux qui savent vers ceux qui doivent suivre et obéir. Il ne pourra s’agir que d’un monolithe loin du terrain. Il secrètera son code, son langage, dictera ses référentiels, sous prétexte d’unification on y retrouvera une appropriation du savoir. En termes de libération d’énergie, d’initiative et d’intelligence collective, la société n’y retrouvera pas on compte.
Le lien automatique avec la subvention (cf. rapport) obligera le passage par le label d’état: quel maître d’ouvrage briguera un autre label ? A quoi auront servi les initiatives existantes ? Elles ont été fabriquées dans la conviction et sont certes perfectibles – aucun référentiel n’est jamais le définitif.
Soyons libéraux, pour une fois.
L’Etat a tout intérêt, en gérant et diffusant par exemple une information de comparaison des labels à l’usage de tous, à dénoncer les manques des labels actuels, à en évaluer l’effet, à guider leur évolution. Les Labels combleront alors naturellement leurs retards, complèteront leur approche. Ils ont une énergie incroyable et réunissent déjà depuis longtemps les experts qui sont recommandés par le rapport. Notons que la puissance publique est d’ailleurs engagée dans la plupart d’entre eux.
J’aime à penser qu’un darwinisme naturel régulera ces labels nés de génération spontanée, que l’émulation entre eux soit source de créativité et de bas coûts pour les certifiés.
Non au ministère de l’information. Plutôt une émulation des initiatives de la France, qui a tant d’énergie en elle et tant de choses à exprimer… libérons là…
Je conclue sur ce commentaire qui ne devra pas échapper au Ministre M. BORLOO, surtout si l’on chiffre la proposition généreuse et centralisatrice de Françoise-Hélène JOURDA : l’état doit être le barreur, pas le rameur
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