Pour un habitat individuel citoyen qui réponde aux impératifs de développement durable
Posté par
CNOA
(
Webmaster
—
75015
paris
)
le
15-10-2008 13:13
L’engouement des français pour la maison individuelle est une donnée incontestable et nombreuses sont les enquêtes ces dernières années qui l’attestent : 55% des logements construits en 2006 sont individuels et selon le sondage que l’Institut IFOP avait effectué pour notre compte à la même période, 44% des personnes vivant en appartement préfèreraient habiter une maison individuelle.
Les gouvernements qui se sont succédé ces dernières années l’ont d’ailleurs bien compris en faisant de l’accession populaire à la maison individuelle un chantier prioritaire. C’est dans ce cadre qu’après « la maison Borloo à 100 000 euros », a été lancée cette année, par Madame Boutin, Ministre du Logement, « la maison à 15 euros ».
Pour nous architectes, il ne s’agit pas, bien sûr, de remettre en cause cet « idéal » de mode de vie des français, mais de concilier ce désir, en ces temps de Grenelle de l’Environnement, avec les valeurs du développement durable. Et au terme réducteur de « maison » individuelle, nous préférons celui « d’habitat individuel » qui répond de manière plus pertinente au contexte économique, social et environnemental d’aujourd’hui.
Le besoin de logement individuel s’est traduit, on le sait, par une explosion des lotissements : au résultat, une urbanisation non maîtrisée qui consomme plus de 50000 hectares par an et génère des coûts de plus en plus importants liés notamment à la croissance de la consommation d’énergie, à la multiplication des besoins automobiles et à l’augmentation de la pollution induite.
Mais les mentalités changent, certains élus en particulier, prennent conscience des conséquences catastrophiques sur le plan environnemental et économique de l’étalement urbain.
Les citoyens de leur côté, aspirent de plus en plus, à un habitat écologique soucieux des matériaux, et de l’environnement.
Il faut donc accompagner cette évolution !
Nous sommes en notre qualité d’architectes, les conseils du maître d’ouvrage privé ou public. Et les questions qui se posent aux élus pour répondre à la demande d’habitat dans sa commune sont multiples : Comment concilier les modes de vie et les aspirations de chacun avec l’intérêt de tous ? Comment concilier l’espace en préservant l’intimité de chacun ? Où construire ? Comment éviter le gaspillage des terres ? Comment préserver le paysage ? Quels coûts d’entretien ? Quelles infrastructures et quels services ? Quels modes de déplacements et quelles énergies ? etc.
Il n’existe pas de bonne solution standard. Il nous apparaît cependant nécessaire de penser en termes de coût global à l’évolution de l’agglomération et de respecter un ordre logique.
Il faut tout d’abord densifier les villes, ou en d’autres termes, privilégier, selon un terme qui nous est cher, le développement de « la ville sur la ville ». Cette solution qui consiste à intervenir dans le périmètre déjà construit permet une bonne réutilisation du foncier « vieillissant » ou un aménagement des espaces « délaissés » à proximité des centres.
En matière d’habitat individuel, recréer de la ville sur la ville, permet de prendre conscience que celui-ci ne se réduit pas à la maison individuelle isolée, construite sur un terrain privatif. On peut au contraire, combiner différentes formes d’habitat individuel : individuel superposé, individuel mitoyen, ou juxtaposé. Ces formes plus innovantes en matière architecturale doivent permettre de concilier le désir d’intimité de nos concitoyens avec les exigences du développement durable
Il faut ensuite, développer la ville (ou le village) dans son prolongement immédiat, ce qui est une option trop souvent négligée.
En périphérie de ville, le tissu urbain devient progressivement discontinu, alors que les équipements urbains sont encore relativement présents ; dans ces espaces on peut répondre aux attentes de logements, tout en adoptant une solution douce de développement qui offre une réelle qualité de vie en évitant de peser lourdement sur les finances de la collectivité et d’engendrer de nouvelles nuisances.
Je l’ai dit : l’architecte est là pour conseiller les élus locaux. Et l’Ordre des architectes qui les rassemble tous, travaille depuis plusieurs années sur ces questions :
Nous avons ainsi publié plusieurs documents à destination des élus locaux : fin 2007, « Le maire, l’architecte et l’habitat individuel », et « développement durable, architecture responsable » consultable sur notre site internet www.architectes.org ou à votre disposition au conseil national de l’Ordre.
Notre engagement et nos efforts ont été récompensés car début 2008, le Conseil national a initié un partenariat avec l’Association des Maires de France, dont l’un des principaux volets consiste en la création d’un module de formation des élus locaux sur le thème « Le logement et la commune, un enjeu d’architecture et d’aménagement » ».
Cette formation réalisée par des architectes entrera au catalogue de formation de l’AMF et sera dispensée, nous l’espérons, dans les journées de formation organisée dans chaque département, par les associations locales de l’AMF.
Il s’agit, pour nous architectes, d’une véritable chance de sensibiliser les décideurs que sont les maires aux thématiques de la ville durable et de la place de l’architecture dans le cadre de vie.
En publiant en février 2008 dans Le Monde, notre Manifeste pour les Villes, nous citions en exergue notre confrère Alvar Aalto « l’architecture ne peut sauver le monde mais elle peut donner le bon exemple !»
Certes l’architecture ne résout pas tout. Mais nous sommes prêts à apporter notre contribution aux élus locaux pour que, conscients des enjeux du développement durable, ils puissent, dans leurs villes, développer des projets harmonieux qui satisfassent les attentes de leurs concitoyens tout en préservant les choix des générations futures.
Lionel DUNET
Président du conseil national
de l’Ordre des architectes
Les gouvernements qui se sont succédé ces dernières années l’ont d’ailleurs bien compris en faisant de l’accession populaire à la maison individuelle un chantier prioritaire. C’est dans ce cadre qu’après « la maison Borloo à 100 000 euros », a été lancée cette année, par Madame Boutin, Ministre du Logement, « la maison à 15 euros ».
Pour nous architectes, il ne s’agit pas, bien sûr, de remettre en cause cet « idéal » de mode de vie des français, mais de concilier ce désir, en ces temps de Grenelle de l’Environnement, avec les valeurs du développement durable. Et au terme réducteur de « maison » individuelle, nous préférons celui « d’habitat individuel » qui répond de manière plus pertinente au contexte économique, social et environnemental d’aujourd’hui.
Le besoin de logement individuel s’est traduit, on le sait, par une explosion des lotissements : au résultat, une urbanisation non maîtrisée qui consomme plus de 50000 hectares par an et génère des coûts de plus en plus importants liés notamment à la croissance de la consommation d’énergie, à la multiplication des besoins automobiles et à l’augmentation de la pollution induite.
Mais les mentalités changent, certains élus en particulier, prennent conscience des conséquences catastrophiques sur le plan environnemental et économique de l’étalement urbain.
Les citoyens de leur côté, aspirent de plus en plus, à un habitat écologique soucieux des matériaux, et de l’environnement.
Il faut donc accompagner cette évolution !
Nous sommes en notre qualité d’architectes, les conseils du maître d’ouvrage privé ou public. Et les questions qui se posent aux élus pour répondre à la demande d’habitat dans sa commune sont multiples : Comment concilier les modes de vie et les aspirations de chacun avec l’intérêt de tous ? Comment concilier l’espace en préservant l’intimité de chacun ? Où construire ? Comment éviter le gaspillage des terres ? Comment préserver le paysage ? Quels coûts d’entretien ? Quelles infrastructures et quels services ? Quels modes de déplacements et quelles énergies ? etc.
Il n’existe pas de bonne solution standard. Il nous apparaît cependant nécessaire de penser en termes de coût global à l’évolution de l’agglomération et de respecter un ordre logique.
Il faut tout d’abord densifier les villes, ou en d’autres termes, privilégier, selon un terme qui nous est cher, le développement de « la ville sur la ville ». Cette solution qui consiste à intervenir dans le périmètre déjà construit permet une bonne réutilisation du foncier « vieillissant » ou un aménagement des espaces « délaissés » à proximité des centres.
En matière d’habitat individuel, recréer de la ville sur la ville, permet de prendre conscience que celui-ci ne se réduit pas à la maison individuelle isolée, construite sur un terrain privatif. On peut au contraire, combiner différentes formes d’habitat individuel : individuel superposé, individuel mitoyen, ou juxtaposé. Ces formes plus innovantes en matière architecturale doivent permettre de concilier le désir d’intimité de nos concitoyens avec les exigences du développement durable
Il faut ensuite, développer la ville (ou le village) dans son prolongement immédiat, ce qui est une option trop souvent négligée.
En périphérie de ville, le tissu urbain devient progressivement discontinu, alors que les équipements urbains sont encore relativement présents ; dans ces espaces on peut répondre aux attentes de logements, tout en adoptant une solution douce de développement qui offre une réelle qualité de vie en évitant de peser lourdement sur les finances de la collectivité et d’engendrer de nouvelles nuisances.
Je l’ai dit : l’architecte est là pour conseiller les élus locaux. Et l’Ordre des architectes qui les rassemble tous, travaille depuis plusieurs années sur ces questions :
Nous avons ainsi publié plusieurs documents à destination des élus locaux : fin 2007, « Le maire, l’architecte et l’habitat individuel », et « développement durable, architecture responsable » consultable sur notre site internet www.architectes.org ou à votre disposition au conseil national de l’Ordre.
Notre engagement et nos efforts ont été récompensés car début 2008, le Conseil national a initié un partenariat avec l’Association des Maires de France, dont l’un des principaux volets consiste en la création d’un module de formation des élus locaux sur le thème « Le logement et la commune, un enjeu d’architecture et d’aménagement » ».
Cette formation réalisée par des architectes entrera au catalogue de formation de l’AMF et sera dispensée, nous l’espérons, dans les journées de formation organisée dans chaque département, par les associations locales de l’AMF.
Il s’agit, pour nous architectes, d’une véritable chance de sensibiliser les décideurs que sont les maires aux thématiques de la ville durable et de la place de l’architecture dans le cadre de vie.
En publiant en février 2008 dans Le Monde, notre Manifeste pour les Villes, nous citions en exergue notre confrère Alvar Aalto « l’architecture ne peut sauver le monde mais elle peut donner le bon exemple !»
Certes l’architecture ne résout pas tout. Mais nous sommes prêts à apporter notre contribution aux élus locaux pour que, conscients des enjeux du développement durable, ils puissent, dans leurs villes, développer des projets harmonieux qui satisfassent les attentes de leurs concitoyens tout en préservant les choix des générations futures.
Lionel DUNET
Président du conseil national
de l’Ordre des architectes
Aucune réaction à ce sujet
Réagissez à cet article