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Moins de logements dans les zones urbaines sensibles ?

Posté par CNOA ( Webmaster — 75015 paris ) le 20-11-2007 17:23


Moins de logements dans les zones urbaines sensibles ?

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L’Observatoire national des zones urbaines sensibles (ONZUS) vient de publier son rapport 2007. Publié chaque année depuis 2004 par la Délégation Interministérielle à la Ville (DIV), le rapport de cet observatoire a pour objectif de mesurer les évolutions des territoires en difficultés sur les plans de l’économie, de l’emploi, de l’éducation et de la santé, de la sécurité et de l’habitat.

Cette édition 2007 confirme ce que beaucoup d’observateurs avaient déjà dénoncé : l’effet pervers des programmes de démolition-reconstruction engagés par l’ANRU sur l’offre de logements disponibles dans la période de pénurie actuelle. Dans les 157 dossiers signés par l’ANRU au 31 décembre 2006,  on compte 28 500 démolitions pour 19 800 constructions concernant les logements déjà engagés.

L’avant-propos du rapport argumente toutefois que plus de la moitié des constructions se faisant sur le site des démolitions, les constructions sont nécessairement en retard. L’objectif reste pour l’ANRU le remplacement complet de l’offre démolie. Cet objectif du 1 pour 1 a été récemment rappelé par la ministre du logement.

Toutefois le rapport offre une autre information intéressante, sur la taille des logements concernés. Comme pour l’ensemble de l’offre, la taille des logements dans ces territoires tend très nettement à diminuer. Le phénomène d’éclatement des foyers est bien connu et est pour une bonne part responsable de la crise du logement actuel.

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Les logements nouvellement construits sont ainsi majoritairement des T3 tandis que les logements démolis étaient majoritairement des T5. C’est dire que le ratio de 1 pour 1 ne recouvre pas les mêmes capacités de logement avant et après les opérations de démolition-reconstruction, même si cette évolution de la taille des logements offerts répond bien entendu à une modification de la demande.

Ce rapport interpelle les architectes à plusieurs titres.

D’abord, comme cela a souvent été évoqué sur ce blog, les architectes, qui ont demandé que soient mises en œuvre des politiques très volontaristes pour augmenter l’offre de logements, ont toujours été très réservés sur les démolitions, pour les raisons quantitatives évoquées ici mais aussi pour des raisons de coûts et de préservation du patrimoine urbain quand cela est justifié. Ils ont demandés à ce que le nombre de construction soit supérieur au nombre de démolition. Le décalage chronologique entre démolition et reconstruction n’aurait-il pu être évité ?
Mais au-delà de la quantité, les architectes revendiquent aussi que la qualité de l’habitat social réalisé soit supérieure à celles des logements démolis et qu’elle participe à la construction de la ville, de sa requalification à travers deux critères : celui de l’usage, et celui de l’urbanité.
Pour les architectes, le logement social est une activité noble et la réhabilitation constitue une opération de conception à part entière.

Ensuite, les architectes réclament la liberté d’expérimenter de nouvelles formes d’habitats préservant la densité et l’offre de logement dans un cadre de vie plus agréable que celui souvent rencontré en ZUS : il faut promouvoir des formes d’habitat alternatives à la fois aux pavillons, aux tours et aux barres et favoriser l’innovation architecturale pour concevoir un habitat dense répondant aux critères de qualité attribués à la maison individuelle en offrant par exemple des logements de taille plus importantes.

Enfin, l’expérimentation est aussi nécessaire pour faire émerger un habitat social nouveau pour les familles séparées et recomposées. Les logements doivent être conçus de manière modulable afin d’accompagner la modularité des foyers eux-mêmes : accueil des enfants en garde alternée, des anciens en perte d’autonomie, etc.
Au-delà de l’intérieur des logements, c’est aussi le bâti qui doit être pensé dans le long terme : les architectes appellent ainsi à susciter des constructions flexibles, adaptables, modulables, en préconisant notamment les filières sèches qui permettront de s’adapter à moindre coût aux évolutions des modes de vie.

Pour consulter le rapport 2007 de l’ONZUS : http://i.ville.gouv.fr/Data/inserhitlien.php?id=3990
 

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