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Maison individuelle

Posté par Pierre Teisserenc ( Conseiller de l'Ordre — 40260 Linxe ) le 06-01-2007 10:53


Ceci en marge de la commission éponyme du Conseil national de l'Ordre...

Pour ceux qui négligeraient de considérer l'habitat par ce petit bout de la lorgnette, je vous invite à mesurer ce que sont aujourd'hui les "gated communities" aux U.S.A.

En guise d'avertissement, de réflexion prospective ou même de filon...une lecture passionnante:

"Prisonniers volontaires du rêve américain" de Stéphane DEGOUTIN aux Editions de la Villette/SC

Si l'approche est bien sûr différente en termes historiques, politiques, juridiques et sociétaux, verrons-nous un jour "fleurir" en France et en Europe ces morceaux d'agglomération étrangers à l'urbanisation environnante?

Gated communities

Gated communities
En complément à ce sujet, l'on trouve aussi la vision de Mike Davies (Au-delà de Blade Runner. Los Angeles et l’imagination du désastre) qui évoque une logique urbanistique au niveau de la ville sécuritaire. Sur le principe de la "citadelle" du moyen-âge, les différents moyens de contrôler les flux "déviants" à l'entrée de la cité et conséquemment la classification de facto de la population, entre doçiles et potentiellement rebelles. Mais Val d'Europe n'en est-il pas déjà un exemple???
Posté par Jean-Baptiste AVRIL ( Citoyen — 75017 Paris ) le 09-01-2007 10:51

La maison individuelle, voilà l’ennemie !

Faisons court : notre planète est confrontée à deux grands enjeux. Le repli sur soi de ses habitants et le réchauffement climatique.

Nos dirigeants politiques locaux ou nationaux n'ont donc de cesse de nous enjoindre de mieux vivre ensemble et de moins consommer d'énergies fossiles. Dont acte. Mais qui ose dénoncer et condamner la maison individuelle qui s'oppose terme à terme à ces deux nobles objectifs ?

Peut-on en effet imaginer développer du « vivre ensemble » dans ces maisons individuelles dont le principe est de permettre à chacun de vivre « chez soi », enfin à l'abri du voisin ? Le mot pavillon porte bien son nom : cette pièce d'étoffe hissée au mat d'un bateau pour indiquer sa nationalité, désigne aussi la maison au centre de sa parcelle, aspiration -semble t il - ultime des français.

Comment ose-t-on encore réclamer de la mixité sociale quand les lotissements de maisons individuelles génèrent de fait une ségrégation spatiale, sociale, culturelle et générationnelle peu connue jusqu'à présent en France ? Les populations de ces quartiers sont de fait d'une telle homogénéité qu'elles ne peuvent qu'alimenter le rejet de l'autre, forcément différent.

Est-il par ailleurs encore possible que des ministres osent parler de maisons respectueuses de l'environnement quand il est prouvé que toute habitation collective sera au moins quatre fois plus économe en énergie qu'un habitat individuel ?

Qui pourrait croire que le chauffage solaire de la maison individuelle contrebalancera les rejets de gaz à effet de serre émis par les 2 à 3 voitures indispensables pour vivre à l'écart de la (vraie) ville ? sans compter, bien entendu les innombrables parkings, bretelles et échangeurs d'autoroute, les milliers d'heures perdues dans les embouteillages et les dizaines de journées de pic de pollution générées essentiellement par ces habitants de maisons individuelles « haute qualité environnementale »

Pourra-t-on enfin longtemps ignorer - ou cacher - que le coût des réseaux de transports en commun, d'adduction d'eau, d'assainissement, de collecte des ordures ménagère, etc., est deux à trois fois supérieur dans les zones pavillonnaires qu'en ville dense ? Les solidarités dans nos agglomérations sont aujourd'hui devenues contre-productives : l'habitant du centre payant pour celui de la périphérie ; l'usager des transports en commun payant pour la construction de voiries et de parkings nécessaires aux voitures individuelles…

La maison individuelle, voilà bien l'ennemi des villes et de la planète. Seules des politiques drastiques interdisant tout nouveau lotissement, promouvant la construction de la ville sur la ville et imposant des densités minimums pourraient tenter de renverser une tendance malheureusement lourde.

Les positions des élus locaux, grands organisateurs de l'urbanisme de nos territoires, laissent malheureusement mal augurer de l'avenir. Tous clament haut et fort leur attachement au développement durable, mais fort peu osent en tirer les conséquences en matière de forme urbaine, de peur de froisser des électeurs qui n'aspireraient qu'à leur « maison de maçon ».

Mais l'espoir - et la proximité des prochaines élections - font vivre. Un débat peut encore s'ouvrir et nos édiles à venir comprendront peut-être que l'avenir de la planète est à porté de décision locale.

Posté par Pierre Obrecht le 11-01-2007 16:25

Quelle tristesse intellectuelle!

Quelle misère que d'imaginer un monde où la médiocrité est la seule solution viable!

Quelle misère que de penser que dans l'équation maison= voiture, le problème, c'est la maison!

Quelle misère de penser que dans l'équation maison = assainissement, l'assainissement collectif n'a de solutions que dans la solution hydraulique actuelle, couteuse et gaspillée!!!

La maison est bien l'habitat idéal des français. Et les villages, composés uniquement de maisons individuelles, sont les lieux où existe la meilleure mixité et solidarité sociale.

Mais il est souvent facile de résoudre un problème en le supprimant plutôt que de chercher des solutions positives! Surtout pour un intellectuel urbain qui ne voit de la maison que la médiocrité des pavillons sans architecture et des lotissements sans urbanisme.

Il n'y a pas à manger pour tout le monde? Et bien partagez et privez vous!!! Trouver un moyen de produire plus serait bien trop fatiguant!!!

Soyons sérieux!!!

Oui il est parfaitement débile d'imaginer que sur l'ensemble du parc automobile français, 80% au moins se trouve en permanence en stationnement. Et que les villes investissent des sommes énormes pour faire des parkings toujours trop petits, tandis que les particuliers payent très cher la construction de leur garage. Mais c'est bien la voiture le problème. Vous ne ferez jamais croire à un provincial que la vie en ville est un idéal!! C'est une vie de dingue qui altère l'individu et le vampirise, dans laquelle on ne veut plus mettre les pieds une fois qu'on en est sorti.

Que de temps perdu en transports!! que de nuisances les uns aux autres! Quoi de pire que la haine présente dans une réunion de conseil syndical d'immeuble!!!

Oui le transport doit être imaginé autrement. Et malheureusement, ce n'est pas du ressort des architectes.

Quand à l'assainissement, des traitements individuels sans eau permettant de coller au cycle naturel en produisant du compost existent déjà.

Qu'on les universalise, et les problèmes d'eau potable et d'engrais chimiques polluants seront grandement résolus!!!!

pourquoi ne pas imaginer un réseau de transports national, voire international, calqué sur le principe du tramway mais avec des cellules de petites tailles accouplables, géré par Internet?

Plus de parkings, plus de garage, plus de pollution, plus de routes et de rond points....

Posté par PERRIN ( Architecte — 81600 GAILLAC ) le 23-01-2007 17:36

vous avez dit voiture ?

J'ai l'impression qu'il y a confusion dans ce débat entre la maison individuelle accolée (ou avec un mini tour d'échelle) généralement vieille de plus de 40 ans et pouvant composer un village où les relations de voisinage sont riches et diverses, et le lotissement pavillonnaire "moderne" avec son terrain d'assiette le plus grand possible desservi par sa voirie en cul de sac ou en raquette. Les deux scénarios sont assez différents même si leur point commun est, bien entendu, la voiture, outil indispensable qui ne saurait être remplacé par l'antique tramway aussi modulable soit-il.

Les problèmes sont bien liés à la liberté individuelle que génère la voiture et ses routes en pétrole. On peut cependant espérer des améliorations du côté de la consommation énergétique de ces véhicules, de son rendement (personnes transportées par trajet) mais cela ne réglera pas le problème des voiries innombrables car nécessaires pour relier les maisons clairsemées sur l'ensemble du territoire.

Sans réduction des terrains individuels, la France ressemblera assurément à une grande ville dissolue sur des milliers de km2, telle Los Angeles ou Mexico.

Bien sûr il n'existe pas qu'une seule forme d'habitat, collectif ou individuel, mais l'enjeu est bien la réduction de l'emprise de l'habitat privé au profit de l'espace public (comme dans les cités antiques) et "naturel" grâce à des mesures réglementaires et fiscales. Valoriser les petits et les moyens producteurs agricoles permetterait de redonner une dynamique économique qui n'existe plus dans les villages chers à Isabelle Perrin mais qui sont aujourd'hui que trop souvent des villages dortoirs en périphérie des villes génératrices de travail dans le tertiaire !

En attendant il sera toujours temps de concevoir des moteurs capables de s'alimenter avec le goudron des nombreuses routes qu’il s’agira de rendre inutiles … après avoir liquidé le plus puissant et le plus dangereux des lobbies qui génère encore une bonne partie de notre fragile richesse économique : le lobby du pétrole, lié au lobby de l’automobile, lié à celui du bâtiment. C’est bien pour cela que lorsque le bâtiment va, tout va.

Posté par Jean-Baptiste Bureaux ( Architecte — 75012 Paris ) le 31-01-2007 18:11

maison individuelle...

la maison individuelle, au delà des coût de réseaux et de structures qu'elle impose constitue une forme d'étanchéité du sol. Chaque maison individuelle consomme et stérilise une surface au sol autant de fois supérieur qu'un immeuble peut avoir d'étage.

Je reste choqué de voir les communes délivrer des permis de lotir.

Je ne comprends pas non plus que ne soit pas favorisé l'association de personnes souhaitant accéder à la propriété pour la construction d'un batiment (3 étages ?) en copropriété.

Un immeuble de 3 étage à la place de 3 maisons individuelles, offrirait sans doutes plus de terrain disponible à ses occupants pour une même surface, plus de verdure ? moins de sols étanches ? un peu plus de vie autour de chez eux....

Posté par P.LARGE ( Citoyen — 69004 lyon ) le 22-05-2007 10:04