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Quelle attractivité pour l'habitat en ville ?

Posté par Lactobacille ( Architecte — 69000 Lyon ) le 28-02-2007 09:16

En réponse à Les ambiguïtés de l’accession à la propriété

Je souhaite répondre sur plusieurs points :

- Le problème de l'accession au logement ne devrait pas concerner uniquement les "classes moyennes" ! Pourquoi faut-il éternellement reléguer les classes populaires dans la case "logement social" ? Pourquoi faire toujours des petites gens des assistés ? Il y a une réflexion de fond à mener sur la dignité et l'autonomie économiques des gens qui gagnent peu, mais cette question ne semble pas venir à l'esprit de beaucoup de monde...

- Être tous propriétaires n'a rien d'un symptôme de "société-chacun-pour-soi". Entre l'ultra-libéralisme et l'État-Partout, il y a un juste milieu ! Le facteur de désagrégation sociale est surtout dans l'urbanisme des quartiers où l'on ne trouve rien pour mener une vie de voisinage serein et une vie de proximité agréable. Ceci est valable aussi bien dans les banlieues pauvres à l'urbanisme caduc et sinistré, que dans les banlieues riches où chacun vit une petite vie le plus loin possible de son voisin, et du peuple en général. Et c'est là que l'américanophilie de M. Sarkozy montre ses limites : le modèle des banlieues américaines est le contre-exemple ; culturellement, foncièrement, historiquement, géographiquement, les banlieues "à l'américaine" nous promettent un échec cuisant, déjà bien entamé dans le triomphe des "zones commerciales" aux parkings infinis...

- La gageure est celle-ci : Comment faire retrouver aux gens le goût de la vie urbaine ? Comment faire oublier le pitoyable naufrage des utopies de béton, lesquelles juraient la mort de la "ville traditionnelle" et de l'art de vivre dans la rue ? Comment faire comprendre aux gens qu'il n'est pas normal de vivre dans un quartier "ni ville, ni campgane" où il faut prendre sa voiture pour aller chez le boulanger, prendre sa voiture pour aller à l'école, prendre sa voiture pour aller au supermarché, etc. ?
Si les centres urbains bien fournis en commerces, bistrots, épiceries, salles de concerts, médecins, écoles,etc. n'étaient pas un bon modèle, on verrait les classes aisées les fuir ! Or, ce n'est pas le cas, bien au contraire ! Alors, pourquoi les pourtours des centres urbains sont-ils sempiternellement voués aux zonages, qui industriels, qui résidentiels, qui commerciaux, etc., et dépourvus de toute attractivité permise par la densité ?