153 ans de clôtures
Posté par
DELORME
(
Architecte
—
83330
LE CASTELLET
)
le
05-03-2007 10:16
En réponse à Les ambiguïtés de l’accession à la propriété
153 ans après les propos prophétiques du chef indien Seattle sur cet appétit de l'homme "civilisé" de "dévorer la terre et ne laisser qu'un désert" - ce qui est "la fin de la vie et le commencement de la survivance" -, on s'aperçoit que la propriété foncière définie sur le principe des limites de cloture et de la division parcellaire, tantôt en campagne (POS), tantôt en ville (PLU, car il n'a rien inventé de plus que de limiter les dégâts, celui-là...) ne peut en effet conduire qu'au "chacun pour soi" et à la ruine de ce corps précieux unique qu'est notre terre.
Quant à l'architecte, clé de voûte en effet d'une possible solution, non seulement celui-ci est toujours l'architecte du prince que stigmatisait Ragon (ces 20 dernières années de projets publics plus pharoniques et starisés les uns que les autres n'ont rien changé), mais il est encore incapable de défendre la vraie place qu'il devrait prendre, celle du médecin de l'aménagement du territoire ou du chef d'orchestre d'une possible harmonie locale d'écologie, parce que la spéculation foncière, maladie naturelle issue de ce vice de départ qu'est la division parcellaire et le clôturage l'éloignent jour après jour du simple humain et l'attachent toujours mieux au pouvoir distributeur de ces droits de division et à la vantardise d'une génération d'accapareurs (petits ou grands) qui n'a aucun problème de fertilité pour se reproduire.
Il y a pourtant une solution pour sauver le paysage "entier", l'œuvre humain et c'est parce que je suis un architecte de campagne sur des terres encore préservées par la viticulture que j'ai pu l'apercevoir. Mais ne rêvez pas, si elle semble une révélation d'espoir pour ceux qui souhaitent le bien commun et une économie équitable, elle est forcément radicale et donc une ennemie à abattre pour ceux qui aiment jalousement leur famille, leur clan, leur patrie, mais n'ont appris à vivre que SUR LE DOS de ceux qu'ils considèrent DES AUTRES. Pour eux, l'effort de leur labeur leur semble TOUJOURS tellement LE LEUR, les miettes de bien qu'ils distribuent tellement LE SOMMET du partage, que l'idée de devoir aller plus loin pour reconsidérer une façon déspéculée de définir équitablement l'appropriation des terres afin d'accéder à une nouvelle vision du territoire, serait comme un vide immense, une mort.. Mêm s'ils ne voient pas que ces 153 ans passés approchent en effet de leur mort, en quelque sorte dans l'œuf annoncée.
Il y a une nouvelle vision de l'appropriation qui peut effacer à jamais le péril du zonage, du lotissement et du mitage tout en s'appuyant sur un même pourcentage d'architecture accessible, donc "ordinaire", mais transcendée par une écologie totale (la première VRAIE contrainte de TOUTE architecture rurale et demain, urbano-rurale ou ruro-urbaine). Elle s'est préparée depuis toujours par la longue expérience de l'architecture rurale avant que cette dernière ne soit condamnée après 1945 à la division parcellaire intensive pour survivre. Et aussi depuis 1970 par les expériences plus ou moins utopistes du monde alternatif.
Mais aujourd'hui ville et campagne se touchent au point - comme droite et gauche politique ? - de se confondre dans leurs intérêts. L'intérêt de l'humain au final, n'est-ce pas la médiation vivante entre la terre "sauvage" et son esprit "civilisé" ? Alors seulement peut-être l'homme découvrira la dimension où il devient utile, parce qu'aujourd'hui, à part bâtir pour détruire et mourir, ce n'est pas évident...
Il faudra alors arrêter de cloturer la moitié du problème, parce que si nos esprits se croient libres, ne s'empêchent-ils pas pourtant de toucher l'unité d'une solution qui changerait l'ensemble ?...
Quant à l'architecte, clé de voûte en effet d'une possible solution, non seulement celui-ci est toujours l'architecte du prince que stigmatisait Ragon (ces 20 dernières années de projets publics plus pharoniques et starisés les uns que les autres n'ont rien changé), mais il est encore incapable de défendre la vraie place qu'il devrait prendre, celle du médecin de l'aménagement du territoire ou du chef d'orchestre d'une possible harmonie locale d'écologie, parce que la spéculation foncière, maladie naturelle issue de ce vice de départ qu'est la division parcellaire et le clôturage l'éloignent jour après jour du simple humain et l'attachent toujours mieux au pouvoir distributeur de ces droits de division et à la vantardise d'une génération d'accapareurs (petits ou grands) qui n'a aucun problème de fertilité pour se reproduire.
Il y a pourtant une solution pour sauver le paysage "entier", l'œuvre humain et c'est parce que je suis un architecte de campagne sur des terres encore préservées par la viticulture que j'ai pu l'apercevoir. Mais ne rêvez pas, si elle semble une révélation d'espoir pour ceux qui souhaitent le bien commun et une économie équitable, elle est forcément radicale et donc une ennemie à abattre pour ceux qui aiment jalousement leur famille, leur clan, leur patrie, mais n'ont appris à vivre que SUR LE DOS de ceux qu'ils considèrent DES AUTRES. Pour eux, l'effort de leur labeur leur semble TOUJOURS tellement LE LEUR, les miettes de bien qu'ils distribuent tellement LE SOMMET du partage, que l'idée de devoir aller plus loin pour reconsidérer une façon déspéculée de définir équitablement l'appropriation des terres afin d'accéder à une nouvelle vision du territoire, serait comme un vide immense, une mort.. Mêm s'ils ne voient pas que ces 153 ans passés approchent en effet de leur mort, en quelque sorte dans l'œuf annoncée.
Il y a une nouvelle vision de l'appropriation qui peut effacer à jamais le péril du zonage, du lotissement et du mitage tout en s'appuyant sur un même pourcentage d'architecture accessible, donc "ordinaire", mais transcendée par une écologie totale (la première VRAIE contrainte de TOUTE architecture rurale et demain, urbano-rurale ou ruro-urbaine). Elle s'est préparée depuis toujours par la longue expérience de l'architecture rurale avant que cette dernière ne soit condamnée après 1945 à la division parcellaire intensive pour survivre. Et aussi depuis 1970 par les expériences plus ou moins utopistes du monde alternatif.
Mais aujourd'hui ville et campagne se touchent au point - comme droite et gauche politique ? - de se confondre dans leurs intérêts. L'intérêt de l'humain au final, n'est-ce pas la médiation vivante entre la terre "sauvage" et son esprit "civilisé" ? Alors seulement peut-être l'homme découvrira la dimension où il devient utile, parce qu'aujourd'hui, à part bâtir pour détruire et mourir, ce n'est pas évident...
Il faudra alors arrêter de cloturer la moitié du problème, parce que si nos esprits se croient libres, ne s'empêchent-ils pas pourtant de toucher l'unité d'une solution qui changerait l'ensemble ?...