Moins d'État, plus d'Ordre.
En réponse à Du mal-logement au « non-logement » par la Fondation Abbé Pierre
M. Bureaux,
Avancer des projets, je ne demande que cela :
- Intervention de la politique dans la fiscalisation des locations et des acquisitions immobilières : gel des prix ; baisse des taxes ; suppression de certains impôts qui empêchent – par exemple – les familles d'hériter dignement de leur patrimoine, gestion intelligente des patrimoines urbains ; etc...
[exemple : la ville de Lyon a vendu tout un quartier haussmanien à une société immobilière américaine : les loyers ont décuplé, impossible d'y loger des gens à revenus modestes, boboïsation du quartier et exclusion de tout projet de mixité sociale, muséification de la ville,... Bravo Gérard Collomb, ça c'est du socialisme.]
- Plutôt que de sans cesse solliciter l'appui de l'État pour loger des gens ["logement social"], proposer aux gens d'être libres de toute dépendance vis-à-vis de l'État grâce à une refonte de l'économie professionnelle et familiale [on devrait pouvoir faire vivre décemment une famille quand un seul des membres de la famille travaille ; bref, répartition des richesses pas seulement au niveau du pays, mais aussi au niveau des cellules familiales, etc...], permettre au gens d'être propriétaires sans avoir à s'endetter pendant 30 ans, ce qui ruine toute velléité d'installation sereine dans son chez-soi,... etc etc
Bref, les solutions fondamentales sont politiques [désengager les citoyens des dépendances étatiques, fiscales,...] avant que d'être architecturales. Commencer par éradiquer le syndrome de statopathie que décrit si bien Philippe Muray.
[Statopathie : syndrome fusionnel qui pousse les individus qui en sont atteints à croire que, hors de l'Etat, ils sont nus et que, sans l'Etat, ils ne peuvent rien ; et à voir toute leur vie à travers le prisme de leur relation avec l'Etat.
Sa responsabilité personnelle ne souffre aucune remise en cause : il est un rouage du Système, la faute n'est pas sienne, elle appartient à un défaut du Sytème, lequel est censé incarner la Morale et la Justice].
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Vous parliez également de se sentir appartenir ou non à un Ordre :
Très bien :
Que fait l'Ordre des Architectes pour contrer l'irruption de matériaux ultra-cheap dans les projets de logements [sociaux ou pas], conçus pour ne résister qu'à la garantie décennale ? Que fait l'Ordre des Architectes pour freiner la dilution urbaine des résidences pavillonnaires en tous genres qui grignotent les paysages de façon catastrophique [problème écologique, social, économique, énergétique,...] ? Que fait l'Ordre des Architectes pour ne plus laisser bâtir des millions d'hectares d'anarchie capitaliste qausiment sans architecte et, en tout cas, sans la moindre visée urbanistique / écologique nécessaire ?
Où est l'Ordre des Architectes quand se bâtissent les 250 maisons individuelles de la Résidence Paradiséalys, des Jardins Résidéolis, ou des Hauts de Saint-Glinglin ?
Où est l'Ordre des Architectes pour condamner toutes ces zones commercialo-banlieusardo-n'importe-quoi qui transforment les alentours des villages et des petites villes en gigantesques parkings franchisés remplis de hangars décorés plutôt qu'en bourg agréable ? L'Ordre des Architectes n'est-il pas censé être une autorité morale et professionnelle condamnant les dérives et les comportements irresponsables en matière d'architecture et d'urbanisme ?
Désolé de m'étendre aussi longuement. Merci.