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Du démontable bien logée?

Posté par Mathieu M ( Citoyen — 78000 Versailles ) le 28-02-2007 09:16

En réponse à Du mal-logement au « non-logement » par la Fondation Abbé Pierre

Mais d'ou vient cette idée incurable de proposer des logements précaires, mobiles et périmables pour les exclus de l'économie dominante des métropoles? En attendant quoi? Que se termine le temps du précaire, mobile et périmable? Que des groupes d'invidu veulent explorer d'eux même des alternatives au parc privé ou aux logements sociaux en investissant des friches et y construire des cabanes pour y vivre, ou encore vivre dans leurs camions, ça les regarde. Mais organiser la gestion des friches par un organisme quelconque et proposer des logements pauvres pour pauvres, relève encore une fois de la profonde déconnection entre décideurs et réalité sociale. Mais qui voudrait habiter dans ces "trucs" démontables? A part bien sur si c'est choisi. Mais si c'est subi... La logique du "moins pire"... Et pourquoi pas la logique du "plus mieux"? Le capitalisme foncier et sa logique sont d'une complexité qui échappe à beaucoup de monde (et à moi même), à laquelle s'ajoute l'Etat qui prend encore part dans ce petit jeu. Mais qu'est ce que l'architecte libéral peut faire face à ça? Sinon exécuter les règles du jeu, et proposer un cadre de vie "jolie et sympa". Mais s'il vous plait, pas des cabanes pour pauvres! Ou alors les votres, dans les montagnes ardéchoises.

Une dernière petite chose par rapport à l'utilisation temporaire des friches dans la métropole contemporaine. Cette pratique diffère du squat. On pense tout de suite aux jardins partagés, ceux de New York dans les années 70. Ces jardins, pour diverses raisons et motivations, sont une prises de terrain par des habitants. 30 ans après, à New York, ils sont toujours là! Une prise de terrain, ce n'est pas du tout la même histoire qu'une municipalité qui propose à une association de s'occuper gratuitement de son foncier en attendant un quelconque projet. Que l'association fasse dans le ludico-culturel avec un bail précaire, pourquoi pas. Mais "habiter" restera encore longtemps une pratique qui diffère de la simple fonction "habitat", de surcroit démontable et transposable de friches en friches!