Droit opposable au logement (2) : la solution est-elle dans une loi ?
L’idée d’un droit opposable au logement est une intention louable. Toutefois, face au débat que suscite l’avant-projet de loi de droit opposable au logement, chacun est en droit de s’interroger si une telle mesure d’ordre législatif et d’application encore indéterminée est la bonne réaction à la crise que nous connaissons et qui frappe tout d’abord les plus démunis.
Elle n’est en tout cas pas suffisante, car le problème est avant tout un problème de l’offre de logement. L’offre est insuffisante et les architectes réaffirment que l’effort doit de construction doit être intensifié.
Mais l’offre est en outre mal adaptée : les incitations fiscales récentes au logement locatif privé (loi Robien) amènent promoteurs et propriétaires à produire des logements d’un certain standing et détournent les investissements des logements bons marchés qui font cruellement défaut.
Si l’on considère l’offre bon marché, on s’aperçoit qu’elle est elle-même trop chère et que, paradoxe, ces critères sont si larges que 3 français sur 4 peuvent y prétendre. Ce ne sont donc pas forcément ceux qui ont le moins de moyens qui peuvent en profiter.
C’est pourquoi notre projet Architecture 2007 milite pour un « parcours résidentiel » plus harmonieux. L’Etat doit inciter les collectivités locales à mettre en œuvre une offre de logement plus diversifiée et adaptée aux diverses demandes.
Ces considérations mettent en jeu naturellement aussi bien la question de la mixité sociale – qui n’est tolérée qu’autant qu’elle s’inscrit justement dans un parcours et une mobilité – que les questions d’urbanisme et d’environnement – penser les services publics, les transports, etc. en même temps que le logement.
Cela s’inscrit nécessairement dans le temps long, dans l’écoute des populations, dans l’intervention des spécialistes de la ville et du cadre bâti…
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