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Financement de la diffusion de la culture architecturale et urbanistique

Posté par CNOA ( Webmaster — 75015 paris ) le 20-12-2006 19:05


Les associations qui travaillent à la diffusion de la culture architectural ont un problème constant et prégnant : comment financer leurs actions mais également leur structure ?

L’état, à travers le ministère de la culture et les DRAC, ne devrait-ils pas élargir ses financements ? L’architecture est reconnue d’utilité publique par la loi. L’état se doit de mettre en place les moyens de cette exigence. Pour les autres arts, l’état peut financer : des bâtiments, des actions et même des structures. Pourquoi, la sensibilisation à l’architecture (art social par excellence qui concerne chaque citoyen) est-elle si peu proportionnellement aidée ?

L’éducation nationale, en intégrant dans ses programmes une sensibilisation à l’architecture et à l’urbanisme contribuerait fortement à la généralisation de cette culture.

Certaines collectivités locales s’investissent dans ce domaine, trouvant là un moyen de faire connaître et comprendre leurs actions urbaines. Cette implication est inégale et mériterait d’être développée sur tout le territoire.

Les élus sont les principaux décideurs en matière d’architecture et d’urbanisme. A travers leur propre formation, ils contribueraient de manière important au développement de la culture en matière d’urbanisme et d’architecture.

Le réseau des CAUE est un mouvement ancien, pérenne, qui trouve ses ressources dans une taxe parafiscale. Il serait totalement hors de propos de vouloir ponctionner ou réduire ses moyens. Le travail fait est irremplaçable, plutôt soyons prêts à faire coopérer les réseaux.
Une question peut quand même être posée : est il possible d’élargir l’assise de cette taxe pour en faire bénéficier d’autres réseaux sans déstabiliser le financement des CAUE ?

Nos partenaires dans l’acte de construire ne peuvent-ils pas plus participer à ces financements ?

La profession d’architecte à travers l’Ordre, à travers de nombreuses associations et Maisons de l’architecture investit beaucoup d’argent et d’énergie dans la diffusion de la culture architecturale et urbanistique.

Les architectes sont-ils prêts à consacrer encore plus à ce domaine essentiel pour l’avenir de l’architecture ?

Compter sur l'état: une énorme erreur

Depuis des années, certainement des décennies, les architectes, à travers les actes de l'Ordre, comptent sur l'Etat pour les sortir de leur état.

C'est à mon avis une énorme erreur. Nous n'avons pas besoin d'être nous aussi des assistés, nous sommes au contraire des actifs entreprenants, amenés à trouver quotidiennement 20 solutions à 20 problèmes nouveaux et différents par jour.

Si il est admis que seule la connaissance architecturale permettra de résoudre la majorité des problèmes, y compris sociaux, et qu'il est aussi admis que tant que nous n'aurons pas d'architectes députés en nombre suffisant, nous n'obtiendrons pas qu'elle soit enseignée, comme l'écriture, à l'école, alors seul une communication de masse peut fonctionner, c'est à dire la publicité.

En effet, en tant que citoyen, je n'ai jamais rencontré sur mon chemin le CAUE.

Et si je ne nie pas qu'ils ont une activité de mémoire et d'analyse intéressante et nécessaire, je suis par contre tout à fait convaincue qu'ils n'ont pas une action suffisante en rapport avec les moyens sur la "communication".

Le meilleur moyen de l'architecture pour faire valoir son intérêt, c'est l'architecture. Des touristes du monde entier se pressent dans les monuments de tous les pays, construits par des architectes, pour admirer qui de la taille, qui de la lumière, qui des matériaux, qui de l'ambiance....

Dans les pays où l'architecture est aussi dans les maisons, personne ne se pose la question de notre utilité.

Mais en France, où les habitations sont d'une banalité affligeante parce que la Loi est bafouée, personne n'imagine l'architecte ailleurs que dans une fonction d'exception. Et ce n'est pas en faisant des Expos, des portes ouvertes, destinées aux seules personnes en appétance d'Art, qu'on y arrivera.

Pour construire des maisons, il faut faire comme avec tout produit: donner envie de l'avoir, de nous avoir.

Est ce que les marchands de voitures comptent sur l'Etat pour donner envie aux gens d'acheter une voiture neuve ultra chère et super bien équipée plutôt que de garder leur voiture de 3 ans rétrograde qui roule pourtant très bien? Bien évidemment non!!!

Et tout le monde ne se balade pas en voiture premier prix....

Faisons de la publicité de masse sur ce que nous pouvons apporter, les maisons seront alors des démonstrations évidentes qui rempliront nos lieux de vie, les gens n'imagineront pas de faire autrement que de faire relooker leur médiocre "pavillon", et l'architecture deviendra une évidence collective....

 

 

 

Posté par Isabelle Perrin ( Architecte — 60400 cuts ) le 22-12-2006 11:02

Enfin un projet...

Disposant d'un vaste espace de plus de 2 hectares dans le Perche avec des dépendances en piteux état à cause des graves dégâts de tempête de 1999, je suis à 100% pour travailler avec un architecte mais rien ne m'y encourage, au contraire, aucune information, des conditions d'aide contraignantes etc. Je souhaite faire une suggestion pour la difusion de la culture architecturale et aussi sa mise en oeuvre pratique :  les crédits européens. Ceux-ci sont entièrement dévolus à la conservation du patrimoine, ce qui est louable. Mais nous arrivons à une contradiction : le patrimoine est conservé à l'excès dans cette région du Perche (on ne compte plus le nombre de réfections ou remise aux normes XIII ème siècle de clochers d'églises...) mais rien pour le particulier! Les élus ne font rien pour aider l'intervention de l'architecture sur ces maisons de "néo-ruraux". Des fermettes charmantes dans des paysages superbes sont démolies parce sans grand intérêt patrimonial d'après...qui au fait? Elles auraient pu être réhabilitées par des architectes. Pourquoi ce gâchis?
Ma suggestion : un grand débat colloque financé par l'Europe avec l'appui du CAUE local, pour voir comment nous particuliers pourrions bénéficier de crédits européens pour restaurer et construire nos maisons de façon inventive, économique et actuelle en utilisant le caractere local avec l'appui un architecte.
Posté par Janique Laudouar ( Citoyen — 75018 Paris ) le 03-01-2007 09:40