Faire respecter la Loi
En réponse à Des élus locaux plus attentifs à l’architecture
Notre quotidien est fabriqué par le logement. Si la qualité du logement collectif est assez bien maîtrisé grâce à l'obligation d'utiliser un architecte, celle du logement individuel est d'une vrai pauvreté intellectuelle. Or la Loi qui est censée éviter cela existe déjà: elle impose que tout modèle de constructeur appelé à être répété soit conçu par un architecte. Mais il n'existe aucun outil de contrôle et de sanction, et donc la Loi n'est majoritairement pas appliquée. Car le Permis de construire est toujours demandé par un particulier sans que son constructeur n'apparaisse, et il est impossible à l'élu local de maîtriser, et même d'identifier cette illégalité.
Pourtant l'appétance à l'architecture contemporaine existe: certains n'hésitent pas à faire appel à des constructeurs belges, habitués eux à ne travailler qu'exclusivement avec des architectes en raison de la Loi Belge, et qui présentent des catalogues de très très grande qualité et diversité. (Pourtant ces clients, que j'ai eu l'occasion de croiser, sont persuadés que ce ne sont pas des architectes qui ont dessiné ces belles maisons, mais que cette beauté est dûe à un plus grand "professionnalisme" des constructeurs!!!!)
Il ne faut pas se méprendre: la demande est fortement conditionnée par l'offre, car le commun des mortels a besoin de faire partie d'un groupe avant tout. A l'époque pas si lointaine des réfrigérateurs à 99% blancs, il fallait être en réel besoin de différence pour aller chercher le mouton à cinq pattes: le réfrigérateur de couleur. Mais une fois l'offre diversifiée créée en masse, le réfrigérateur blanc s'est révélé ce qu'il avait toujours été: un signe de pauvreté intellectuelle.
Il n'existe à priori que 2 manières pour faire respecter la Loi et obtenir le résultat de nos voisins Belges: rendre l'architecte 100% obligatoire, ou définir des sanctions sévères au non respect de la Loi, et charger la répression des fraudes de contrôler directement les acteurs du marché. La première demande un grand courage politique en raison du lobbying financier auquel elle fait face, et la seconde nécessite des moyens financiers très importants au démarrage...
A moins que le politique se contente d'instaurer des amendes très élevées reversables intégralement à l'Ordre des Architectes, et que l'Ordre des Architectes, garant de la qualité architecturale de part son statut, ne se charge d'initier les procès...