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A Strasbourg, débats Architecture 2007 sur le logement, la culture architecturale et le développement durable

Posté par CNOA ( Webmaster — 75015 paris ) le 03-04-2007 12:28


Le 20 mars dernier, dans les locaux de l’Ecole nationale de l’administration à Strasbourg, le Conseil de l’ordre des architectes d’Alsace avait convié huit élus et responsables politiques* régionaux et locaux à débattre des enjeux de l’architecture de demain. Au centre des questions, le logement social et collectif, la culture architecturale et le développement durable.

D’emblée entre les tenants d’une règle édictée par la loi et les partisans d’une liberté totale des élus, la ligne de fracture s’est faite sentir. Ainsi sur le logement social, des élus telle Andrée Buchmann, conseillère régionale et membre du conseil municipale de Schiltigheim sous l’étiquette des Verts ou des militants tels Baptiste Heintz-Macias, du mouvement des jeunesses socialistes ou Jean Baptiste Metz du Parti communiste, ont regretté que la loi enjoignant les communes à consacrer 20% de leur parc locatif aux logements sociaux ne soit pas plus contraignante, laissant aujourd’hui plus de 3 millions de personnes mal ou pas logées en France. En face, Hugues Geiger, adjoint au maire de Strasbourg et vice-président de la communauté urbaine de Strasbourg, et André Reichard, maire UMP de Souffelweyersheim, ont prôné plus de liberté affirmant qu’en fonction de la structure économique et sociale de leur territoire, certains élus pouvaient faire plus et d’autres moins que ces 20%. Et André Reichard d’illustrer son propos en rappelant combien il lui faut parfois se battre pour faire accepter le logement social à ses administrés, se battre pour convaincre un artisan de s’installer dans un nouveau quartier.

Vivre ensemble, ce fut le deuxième thème du débat. Pour remédier au mal être dans les quartiers sensibles, il y a autant de Français pour la destruction des tours et barres et la reconstruction à neuf, que de Français qui préfèrent la réhabilitation de ces immeubles. Dans l’opinion commune, grand ensemble signifie une forte densité de population. Or c’est totalement faux : au mètre carré au sol, un grand ensemble est moins peuplé qu’une avenue haussmannienne. Comment redonner envie du collectif alors que le rêve des Français reste la maison individuelle ? Il faut avoir de l’audace, a affirmé Odile Uhrich-Mallet, vice présidente UDF du conseil régional et conseillère municipale de Colmar. Oser réfléchir avec les habitants sur leurs désirs, et par exemple consacrer des mètres carrés dans un bâtiment à une salle commune qui permettrait de vivre ensemble. Ecouter les collectifs d’usagers fut aussi le point de vue défendu par le représentant du PC, du PS et des Verts et Andrée Buchmann souligna qu’il fallait permettre aux villes d’acquérir à moindre coût du terrain sur lequel, en repensant l’habitat avec des petits espaces privatifs, les élus pourraient proposer des logements répondant aux désirs d’indépendance actuels.

Il est d’autant plus urgent de repenser l’habitat collectif, a renchéri Yann Werhrling, porte parole des Verts, que cela permettra d’enrayer l’étalement des villes. Construire et préserver l’environnement, sur ce thème-là, tous furent d’accord sur l’obligation d’intégrer aujourd’hui le coût global dans les décisions urbanistiques. Reste que les élus concèdent que, sur ce point, les expertises claires et fiables leur manquent souvent.

Dans ce débat où chacun a pu faire part de ses difficultés à installer aujourd’hui la ville et le paysage de demain, les élus du Conseil régional ont regretté de n’avoir parfois qu’une demi-journée pour analyser et comprendre quatre à cinq projets lors d’un concours de maîtrise d’œuvre et, dans ces conditions, d’avoir le sentiment de s’en remettre surtout aux commentaires des services techniques. D’autant, a ajouté André Reichardt, que les élus n’ont pas forcément appris à lire des plans et que certains architectes ne font pas preuve de grandes qualités pédagogiques.

Un point en tout cas où tous furent d’accord est la nécessité de revenir sur l’anonymat des appels d’offre. Recevoir les architectes et entendre leurs intentions permet aussi au jury de mieux choisir.

* étaient présents : Andrée Buchmann, conseillère régionale (les Verts). Hugues Geiger, adjoint au maire de Strasbourg et vice-président de la communauté urbaine de Strasbourg (Ecologie et indépendant). Baptiste Heintz-Macias (Mouvement des jeunesses socialistes). Jean-Baptiste Metz (délégué départemental du Parti communiste). André Reichardt, maire de Souffelweyersheim et vice-président du conseil régional (UMP et indépendant). Odile Uhlrich-Mallet, conseillère municipale de Colmar et vice-présidente du conseil régional (UDF). Jean Waline, vice-président du conseil général du Bas-Rhin( UMP). Et Yann Wehrling, porte-parole des Verts.

Sophie Dufau, journaliste et animatrice des débats

Enrayer l’étalement des villes

Si les français rêvent tous d'une maison individuelle, ils n'ont peut être pas tous des envies de terrain de 800m2... voire plus comme le leur propose le marché en région. Construisez leur des maisons avec de la lumière et non ces chaumières sombres conformes à tous les règlements dont ceux des architectes des bâtiments de France : donnez leur du "souffle" à l'intérieur, ils seront moins gourmands pour l'extérieur, et oh combien plus heureux !
Béatrice Gaillard, usager.
Posté par Gaillard Béatrice ( Citoyen — 45160 Saint-Hilaire-Saint-Mesmin ) le 10-04-2007 11:06

Etalement urbain

En réponse à Enrayer l’étalement des villes Posté par Gaillard Béatrice...

La densité peut défendre ses avantages,économie financiére, économie d'espace. La lumiére et l'habitat ancien, même classé, n'est pas impossible. Je défends au niveau urbain l'insertion d'un tissu dense , à noter, cette zone existe déjà dans la plupart des centres anciens, dans les villages.... La zone dense peut être "multisite" se méler au tissu plus lache et venir le structurer.

Posté par Jan SYBEN ( Architecte — 07000 VEYRAS ) le 15-05-2007 10:17

Politique urbaine ???

Adolescent de l'architecture (34 ans) je suis associé dans une jeune sarl, 2 archis.
Nous avons depuis plus d'un an l'opportunité de travaillé sur 2 opérations immobilières, en sous-traitance (puisque la commande publique nous est interdite...trop jeunes...l'expérience ne compte pas...) avec un autre cabinet.
Outre la qualité architecturale, même si il n'en est question que très rarement, 99% des sujets de conversations formelles ou informelles tournent autour d'un unique thème : LA RENTABILITE.
Si mon client achète un terrain, quel investissement financier doit-il entreprendre pour le revendre construit avec une rentabilité au m² qui vous multiplie un prix de construction par 3 à la revente ????  Etre économe, évidement...économe sur l'achat, économe sur les honoraires (forfaitaires), économe sur les surfaces, économe sur les matériaux, économe sur le développement durable, économe sur les prestations, ......
Alors comment éviter la densification quand mon client à un petit logiciel qui lui fait tout ses petits calculs (au nombre de logements prêts?)
Car il s'agit bien là de logement ... ce logement qui suscite tant de débats en ce début d'année 2007. Un logement pour chacun, ou un produit pour tous?
Le rôle de l'architecte dans tout çà ? Etre rentable, évidemment...ou comment un métier de création, certains disent même un Art, devient un investissement "rentable" dans une opération immobilière.
Il nous reste alors à jongler avec toutes ces économies, le PLU et le DTU en cadeaux, pour enfin concevoir ... en  pensant que de l'autre coté de nos frontières et plus haut dans le nord, des projets d'architectes anonymes témoignent d'une plus grande liberté (peut etre d'une plus grande compréhension ???) alors qu'ils seraient ici balayés de la main par un client, un voisin, voir l'administration.
Comment alors dans ce contexte proposer des espaces communs, des qualités de lumière, d'espace à vivre, dehors comme dedans, comment proposer des solutions économes pour certains mais trop innovantes pour d'autres ???
La solution, avoir la chance de participer à une cité manifeste en y acceptant toutes les critiques ... mais pour çà, faut être médiatiquement reconnu je crois ... ce qui permet d'ailleurs de ne pas entendre les critiques...mais çà fait bon "chic" dans les revues spécialisées de l'étranger.
Le client idéal serait-il privé? Finalement plus ouvert à la découverte, à l'échange, à  la nouveauté? Si tel n'est pas le cas, c'est finalement là tout le challenge de notre exercice.







Posté par Stéphane le 13-04-2007 10:44