Questions à Ségolène Royal
Monsieur le Président,
J’ai bien lu votre courrier et vous remercie vivement pour les propositions contenues dans le document « Architecture 2007 ».
Votre association m’a posé trois questions à l’occasion de la campagne présidentielle. Concernant la première qui a trait au logement social, je voudrais au préalable rappeler que le logement est la condition première d’une vie de famille sécurisée. Les inégalités criantes dans ce domaine doivent se réduire pour assurer à tous une sécurité logement tout au long de la vie. C’est pourquoi je me suis engagée, si je suis élue, à construire 120.000 logements sociaux par an dont on a besoin et qui, faute d’obéissance à la loi SRU par certaines communes, ne sont pas construits. L’Etat se substituera à la carence de ceux qui s’enferment dans l’égoïsme territorial en y lançant lui-même les programmes de construction de logements nécessaires.
Deux Français sur trois réunissent les conditions de revenu pour accéder à un logement social à loyer modéré, et pensent que leurs enfants, quand ils se lanceront dans la vie, en auront impérativement besoin. C’est donc à la puissance publique de jouer son rôle pour que le droit opposable au logement ne soit pas une promesse électorale, ou que l’amélioration de la situation des plus démunis ne produise pas l’aggravation de la situation de ceux qui paient leur loyer.
C’est pourquoi, ainsi que le propose le projet socialiste, je m’engage à supprimer le dispositif d’incitation fiscale dit « De Robien » afin de le remplacer par un autre dispositif d’incitation fiscale qui fasse que chaque aide de l’Etat ait une contrepartie sociale. Par ailleurs, j’imposerai aux programmes immobiliers privés de consacrer un quart des opérations à la production de logements sociaux sur les territoires déficitaires en logements de cette nature.
Sur le second point, qui concerne cerne l’aménagement urbain, je pense nécessaire de dépasser le cadre actuel de la politique de la ville. La montée des inégalités et de la violence dans nos villes impose une volonté politique nouvelle, des moyens supplémentaires, des outils rénovés, mais aussi un changement d’échelle pour promouvoir une véritable politique de « solidarité urbaine » à l’échelle des agglomérations. J’entends conditionner les moyens de l’Etat à des objectifs précis d’égalité des territoires et de développement durable.
La crise urbaine n’est pas seulement une crise du logement qui appelle des réponses d’ampleur. Elle appelle aussi un effort massif de renouvellement urbain qui prendra la forme d’un « Plan de renaissance urbaine » doté de moyens exceptionnels, à l’échelle des agglomérations, pour promouvoir le développement durable de nos villes et lutter contre l’étalement urbain. Ses objectifs seront de donner aux élus de nouveaux moyens de maîtriser le foncier (en particulier la possibilité d’acquérir à bas prix le foncier public), de poursuivre un programme de démolition-reconstruction des immeubles ou quartiers obsolètes (dans l’esprit des Grands Projets de Ville lancés en 2000, et non de l’ANRU, centralisée et promouvant trop la démolition, avec des financements incertains), d’accélérer le développement d’une offre nouvelle de logements adaptés à la réalisation de parcours de logement, mieux répartie sur l’ensemble du territoire. Ce plan sera complété par la création symbolique de 100 nouveaux quartiers exemplaires de mixité, selon les principes du développement durable que je veux généraliser en matière d’urbanisme.
La ville est à l’image de notre société et de notre civilisation. Elle a aujourd’hui échappé à notre volonté, et s’est faite le reflet de toutes les injustices, de toutes les violences, de toutes les laideurs. Je veux qu’elle redevienne le miroir de nos ambitions, et je compte sur les architectes et les urbanistes pour nous aider à reprendre en main notre destin urbain, en sensibilisant largement les enfants, les citoyens et les décideurs à l’impératif du développement durable.
Je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l’assurance de mes sentiments les meilleurs.
Ségolène ROYAL
J’ai bien lu votre courrier et vous remercie vivement pour les propositions contenues dans le document « Architecture 2007 ».
Votre association m’a posé trois questions à l’occasion de la campagne présidentielle. Concernant la première qui a trait au logement social, je voudrais au préalable rappeler que le logement est la condition première d’une vie de famille sécurisée. Les inégalités criantes dans ce domaine doivent se réduire pour assurer à tous une sécurité logement tout au long de la vie. C’est pourquoi je me suis engagée, si je suis élue, à construire 120.000 logements sociaux par an dont on a besoin et qui, faute d’obéissance à la loi SRU par certaines communes, ne sont pas construits. L’Etat se substituera à la carence de ceux qui s’enferment dans l’égoïsme territorial en y lançant lui-même les programmes de construction de logements nécessaires.
Deux Français sur trois réunissent les conditions de revenu pour accéder à un logement social à loyer modéré, et pensent que leurs enfants, quand ils se lanceront dans la vie, en auront impérativement besoin. C’est donc à la puissance publique de jouer son rôle pour que le droit opposable au logement ne soit pas une promesse électorale, ou que l’amélioration de la situation des plus démunis ne produise pas l’aggravation de la situation de ceux qui paient leur loyer.
C’est pourquoi, ainsi que le propose le projet socialiste, je m’engage à supprimer le dispositif d’incitation fiscale dit « De Robien » afin de le remplacer par un autre dispositif d’incitation fiscale qui fasse que chaque aide de l’Etat ait une contrepartie sociale. Par ailleurs, j’imposerai aux programmes immobiliers privés de consacrer un quart des opérations à la production de logements sociaux sur les territoires déficitaires en logements de cette nature.
Sur le second point, qui concerne cerne l’aménagement urbain, je pense nécessaire de dépasser le cadre actuel de la politique de la ville. La montée des inégalités et de la violence dans nos villes impose une volonté politique nouvelle, des moyens supplémentaires, des outils rénovés, mais aussi un changement d’échelle pour promouvoir une véritable politique de « solidarité urbaine » à l’échelle des agglomérations. J’entends conditionner les moyens de l’Etat à des objectifs précis d’égalité des territoires et de développement durable.
La crise urbaine n’est pas seulement une crise du logement qui appelle des réponses d’ampleur. Elle appelle aussi un effort massif de renouvellement urbain qui prendra la forme d’un « Plan de renaissance urbaine » doté de moyens exceptionnels, à l’échelle des agglomérations, pour promouvoir le développement durable de nos villes et lutter contre l’étalement urbain. Ses objectifs seront de donner aux élus de nouveaux moyens de maîtriser le foncier (en particulier la possibilité d’acquérir à bas prix le foncier public), de poursuivre un programme de démolition-reconstruction des immeubles ou quartiers obsolètes (dans l’esprit des Grands Projets de Ville lancés en 2000, et non de l’ANRU, centralisée et promouvant trop la démolition, avec des financements incertains), d’accélérer le développement d’une offre nouvelle de logements adaptés à la réalisation de parcours de logement, mieux répartie sur l’ensemble du territoire. Ce plan sera complété par la création symbolique de 100 nouveaux quartiers exemplaires de mixité, selon les principes du développement durable que je veux généraliser en matière d’urbanisme.
La ville est à l’image de notre société et de notre civilisation. Elle a aujourd’hui échappé à notre volonté, et s’est faite le reflet de toutes les injustices, de toutes les violences, de toutes les laideurs. Je veux qu’elle redevienne le miroir de nos ambitions, et je compte sur les architectes et les urbanistes pour nous aider à reprendre en main notre destin urbain, en sensibilisant largement les enfants, les citoyens et les décideurs à l’impératif du développement durable.
Je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l’assurance de mes sentiments les meilleurs.
Ségolène ROYAL