Thèmes

Logement
Urbanisme
Culture architecturale

Archives

Le projet Architecture 2007
Contribution au Grenelle de l'environnement
La campagne publicitaire
La vidéo Architecture 2007
Que disent les politiques ?
Les études IFOP
Les tables rondes 2006

Qui Sommes-Nous ?

Qui sommes-nous ?
Réclamations
Suggestions

Calendrier

« November 2008 »
Sun Mon Tue Wed Thu Fri Sat
1
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
30
 
Que disent les politiques ?
You are here: Home Que disent les politiques ? Les réponses à notre questionnaire Questions à François Bayrou
Document Actions

Questions à François Bayrou

1. Au-delà du droit opposable au logement, quelles sont vos propositions en matière de construction de logements sociaux (et autres), avec quels financements et quelles incitations ?

La crise du logement vient de loin. Le résultat, nous le connaissons, qui dépasse largement le drame des sans abri. On estime ainsi que plusieurs millions de personnes sont « mal logées » et la hausse du coût de l’immobilier a considérablement accentué ce phénomène. Si nous voulons que le droit opposable devienne une réalité concrète, palpable, nous n’avons pas d’autre choix que la construction massive de logements sociaux afin d’échapper aux tensions du marché libre. Je propose de réserver 25 % de toutes les constructions au logement social. Cette obligation, doublée de l’application pleine et entière de la loi SRU dans toutes les communes, y compris par le Préfet en cas de refus des élus, permettra d’accroître rapidement le nombre de logements disponibles et de peser sur le coût du parc privé. Je crois également qu’il faut moduler les loyers dans le parc HLM, en fonction de la situation financière des personnes. Il faut enfin agir sur le prix des locations privées. Le dépôt de caution et la recherche de personnes pour cautionner sont un cauchemar pour beaucoup de jeunes et de familles. Je propose d'interdire les cautions pour les locations de logements et de remplacer ce système par un système d’assurance mutuelle. En contrepartie, il faudra améliorer les mécanismes de "sécurisation" et d’assurances pour les propriétaires, afin de les inciter à mettre en location. La politique du logement doit mobiliser également le privé, le public et l'associatif, par l’instauration d’une logique de mission, avec des moyens liés à la mission, et non pas liés principalement au statut des acteurs. L’aide à la pierre et tous les systèmes de défiscalisation doivent être ciblés sur des besoins de logement prioritaires et durables. Les régions où l’on a le plus besoin de logements sont aussi celles où le plus d’entreprises s’installent, et si les habitants coûtent aux collectivités territoriales, les entreprises leur rapportent. C'est donc aux collectivités territoriales qu'il revient de réguler et financer l’effort de construction. La contribution des entreprises au logement doit être régionalisée. Il faut aussi et en priorité répondre au drame des sans abri et des travailleurs très pauvres. C’est l’urgence de la construction de logements ultra-sociaux. Dans les Pyrénées-Atlantiques, le Conseil général que je présidais, avais récupéré et réhabilité 1000 logements en cinq ans. Nous en avons garanti le loyer. Cela a été l'œuvre d'une équipe de deux personnes. En accentuant l’effort et en le multipliant par le nombre de départements, on pourra ainsi dégager 100 000 logements adaptés.

2. Quel contenu donnerez-vous à la politique de la ville et des quartiers sensibles ?

Nous payons les conséquences d’un modèle de société où on a laissé se développer la culture du vivre entre soi, c'est-à-dire d’une société où les riches vivent avec les riches, où les classes moyennes se regroupent entre elles et où les pauvres sont concentrés, relégués dans quelques quartiers. On a accepté sans le dire que se constituent des ghettos de riches et des ghettos de pauvres, dont les habitants ne se connaissent pas, ne se rencontrent jamais et qui ont donc à la fois perdu toute référence commune et ont pris peur les uns des autres. De surcroît, les erreurs d’urbanisme des années 50-70 dans les quartiers d’habitat social surconcentrés ont créé des systèmes fermés, où ne rentrent jamais les gens extérieurs au quartier. Ces quartiers fermés ont vite abouti au repli sur soi, au sentiment qu’on appartenait à un territoire à part de sa commune ou même à part de la République. On a ainsi triplement nié la fonction sociale première des villes, celle de la rencontre, de l’échange et du mélange. Pour retrouver aujourd’hui une paix civile qui menace lourdement sa cohésion nationale la France doit mettre le paquet pour reconstruire une politique de la ville fondée sur la mixité, le partage et le respect. Cet impératif est une exigence républicaine. Il ne sera satisfait qu’en associant tous les acteurs, les collectivités territoriales, les associations, les urbanistes et les architectes, et l’Etat dont la première responsabilité est d’assurer la présence des services publics et de contribuer à un aménagement du territoire conforme à l’idée que je me fais de l’égalité des chances. Ce décloisonnement, c’est tout à la fois l’urbain conçu enfin comme lieu de vie et non comme entassement, l’irrigation en transports publics, l’implantation de commerces et d’entreprises, le retour de l’Etat de proximité qui sécurise, l’école qui doit offrir les mêmes perspectives d’épanouissement personnel et professionnel à tous les enfants de France.

3. Que proposez-vous pour maîtriser l’étalement urbain ?

Cette question est presque du même ordre que la précédente. L’étalement urbain concerne les salariés les plus modestes qui subissent de plein fouet la hausse de l’immobilier avec, en cascade, toutes les difficultés résultant de l’éloignement du lieu de travail. La récente enquête de l’Insee sur le temps de transports est à cet égard édifiant. Les activités économiques restent encore trop concentrées au cœur des grandes métropoles. Paris et sa périphérie restant évidemment l’exemple le plus caricatural de cette concentration excessive. Mais je crois heureusement que cette tendance peut être sérieusement inversée. La décentralisation est un outil au service de l’attractivité des territoires et j’observe, pour m’en féliciter, l’émergence de pôles économiques régionaux puissants qui ont considérablement corrigé le constat fait dans les années 50 sur « Paris et le désert français ». Il faut favoriser ces dynamiques et aller plus loin encore dans le maillage territorial en augmentant l’offre de transports collectifs afin que les entreprises n’hésitent plus à s’installer à distance des métropoles. Je crois également que l’ère numérique, que le développement du télétravail, aujourd’hui sous développé, sont des réponses adéquates. Nous devons passer de la vision négative de l’étalement urbain et à une conception dynamique de l’aménagement de nos territoires qui doivent devenir des lieux de vie et de travail.

4. Quelle place accorderez-vous aux valeurs du développement durable en matière d’urbanisme ?

Le développement durable ne se réduit pas au transport et à la pollution automobile. Il intéresse au premier chef l’habitat et plus largement notre vision de l’aménagement urbain. Quand je parle de maillage territorial, de proximité entre les lieux de vie et le travail, je m’inscris également dans la cette perspective de développement durable et de lutte contre les gaz à effet de serre. Ceci induit la nécessité de mettre également en place un plan « bâtiment écologique ». Dans ce secteur, nous avons tout faux depuis très longtemps puisque notre consommation d’énergie est en hausse ! Il faut donc renforcer les normes dans le neuf, en encourageant la construction de « maisons passives ». Et puis, dans l’ancien, il faut favoriser la production de chaleur renouvelable pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire. Toutes les maisons individuelles de France pourraient produire elles-mêmes leur eau chaude sanitaire et leur chauffage. Les marchés publics, qui représentent 15% de notre activité économique, devraient donner l'exemple, et cela suffirait pour que les coûts de procédés nouveaux s'effondrent, parce que ce sont les séries qui font baisser les prix. Ce plan viendrait renforcer l’Agenda 21 mis en œuvre par les collectivités territoriales qui sont à mon sens, le niveau le plus pertinent pour accompagner cette révolution écologique.

5. Pensez-vous utile de mettre en place des politiques de sensibilisation à la culture architecturale dans les écoles, auprès des élus locaux et du grand public ?

La sensibilisation à la culture, à toutes les expressions artistiques, passe par l’école. Il faut l’investir de cette mission essentielle de réduction de la fracture culturelle qui existe encore entre ceux qui bénéficient d’un entourage familial privilégié, et tous ceux qui n’ont pas cette chance. Cela demandera beaucoup d'efforts.Il faudra remettre tout cela sur le métier, dès le lendemain de l’élection présidentielle, en cherchant des voies nouvelles. En s’appuyant par exemple sur les artistes et les créateurs comme sur les intermittents du spectacle. Prenons l’exemple d’Initadroit qui permet aux avocats de venir dans les écoles pour parler de la loi. Pourquoi ne pas multiplier ce type d’initiative qui passe par le partage du savoir et la transmission de ses propres passions culturelles.